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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 00:00

Chers amis,

 

En exclusivité absolue sur ce blog, voici la 7e partie d'une interview audio donnée par Claude Tresmontant en décembre 1996, quatre mois seulement avant sa mort.

 

Interrogé par Jérôme Dufrien - qui nous a fait l'honneur et la grâce de nous confier la diffusion de ce document exceptionnel -, Claude Tresmontant revient sur les grands thèmes de son oeuvre.

 

Dans ce nouvel extrait que nous publions aujourd'hui, Claude Tresmontant nous parle du problème du mal. Comment concilier ce problème avec l'existence de Dieu - que la raison démontre? 

      

 

Dans le prochain extrait, que nous publierons le 5 mars prochain pendant le temps du Carême, Claude Tresmontant nous fera réfléchir sur ce qu'est la vie chrétienne au quotidien.

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Published by Matthieu BOUCART - dans Audio
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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 12:47

"L'évolution n'est pas un principe d'explication.

Elle est ce qu'il s'agit d'expliquer."

 

(Claude Tresmontant, in Science de l'univers et problèmes métaphysiques, Editions du Seuil 1976, p. 159)

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Published by Matthieu BOUCART - dans Citations
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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 20:51

"On appelle pensée rationnelle une pensée qui est conforme à l'expérience, qui n'entre pas en contradiction avec l'expérience, c'est-à-dire avec la réalité objective.

 

"Nous ne savons ce qui est rationnel et ce qui est irrationnel qu'à partir de l'expérience, et non pas a priori, ou avant toute expérience."

 

(Claude Tresmontant, in  Les Métaphysiques principales, François-Xavier de Guibert 1995, p. 276)

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Published by Matthieu BOUCART - dans Pensées
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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 00:00

 

LE POINT (Existence de Dieu)Nous poursuivons notre critique du numéro spécial du Point consacré à l’existence de Dieu - publiée simultanément sur le blog Totus Tuus.

 

A l'instar de l'éditorial de Franz-Olivier Giesbert, l'article de Jean d'Ormesson commence plutôt bien : "Dieu n'est pas seulement le rêve le plus grand et le plus beau qui ait jamais hanté l'esprit des hommes. Il est peut être la seule réalité, celle auprès de qui l'Histoire, l'existence, l'Univers, l'espace et le temps, vous et moi et tout le reste ne sont qu'un brouillard qui se dissipe, un cauchemar passager, une illusion, un néant. Il est l'origine de tout, la cause de tout, le but final et l'explication dernière. Il ne tolère ni discussion, aucune hésitation, pas la moindre réserve. Il est toutes les réponses et ne pose aucune question." On peut ne pas être d'accord avec toutes ces formules, mais la transcendance de Dieu est ici exaltée – ainsi que son absoluité.

 

"Il est toutes les réponses et ne pose aucune question. Sauf une (poursuit d'Ormesson) : existe-t-il?" C'est en effet la première question. Il ne faut pas la minimiser ni la mépriser. Car Dieu n'est pas évident. Il ne l'est "ni quant à son existence ni quant à sa nature ; de sorte que, avant de le contempler, pour arriver à le contempler, des raisonnements sont nécessaires." [1]

 

D'Ormesson narre ensuite la genèse de l'idée de Dieu dans l'humanité jusque vers "le début du siècle écoulé", et constate qu'après 19 siècles de domination sans partage de Dieu (ou du moins de l'idée de Dieu) "qui régnait en souverain absolu (...), la science prend le pouvoir et l'emporte sur l'Eglise, sur l'armée, sur les politiques ; Dieu est mis en question." D'Ormesson exacerbe la tension entre "Dieu" et la science, en considérant que "Dieu mène contre la science triomphante un combat d'arrière-garde"... Il est dommage ici que d'Ormesson, qui commençait son article par un hommage à l'absolue transcendance de Dieu, ne l'ait pas situé au dessus de toutes ces contingences historiques... Cela dit, son exposé, pour aussi rapide et caricatural qu'il soit (qui s'explique sans doute par le format d'un bref article dans une revue grand public), n'est pas complètement faux.

 

La suite est franchement décevante. "On ne se donnera pas ici le ridicule d'entrer dans le grand débat POUR ou CONTRE son existence auquel tant de grands esprits, de Platon et Saint Augustin à Spinoza et Leibniz, de Jaspers et Teilhard de Chardin à Jacques Monod et François Jacob, ont donné tant d'éclat". Cela part sans doute d'un bon sentiment de la part de l'auteur – qui ne se sent pas de la dimension des penseurs précités pour entrer lui-même dans la mêlée. Il n'empêche… on serait en droit d'attendre d'un reportage portant sur "les questions et réponses sur l'existence de Dieu" un exposé loyal et objectif des diverses positions exprimées sur le sujet – une entrée, précisément, dans le débat. Au lieu de quoi, l'auteur nous livre un tableau de 8 lignes et 2 colonnes POUR et CONTRE censé résumer les arguments des partisans et détracteurs de l'existence de Dieu  mais qui trahit surtout sa méconnaissance des termes actuels de la discussion.

 

d'Ormesson

 

POUR : Le Big Bang créateur de l'espace et du temps.

CONTRE : Le Big Bang se produisant dans le temps.

 

Pour d'Ormesson, si le Big Bang est à l'origine du temps et de l'espace – et si ceux-ci n'existaient pas "avant" –, ce serait un argument fort en faveur de l'existence d’un Dieu créateur. D'Ormesson ne croit donc pas en la génération spontanée de l'univers – sur ce point, il est rationnel. Comme tous les grands philosophes de l'Histoire de la pensée (à quelques rares exceptions), il considère que le temps et l'espace n’ont pu jaillir du néant absolu ; et que s'ils sont venus à l'existence, c'est qu'ils le doivent à un autre Être existant qui, Lui, est en dehors du temps et de l'espace ; au-delà de l’Univers physique et matériel.

 

Le CONTRE en revanche est contestable. Car même à supposer qu'il y ait eu du temps et de l'espace avant le Big Bang – ce que la science réfute aujourd'hui – cela ne démontrerait pas que Dieu n'existe pas (l'éternité du temps pouvant être un corollaire de l'éternité de Dieu). Il faudrait encore rendre compte des étonnantes propriétés de l’univers connu (le nôtre) – caractérisé par une succession de créations se manifestant dans une évolution irrésistiblement orientée vers la complexité, jusqu’au seuil critique de l’apparition de la vie puis de la pensée, tout cela à partir d'un point 0 et avec la seule matière (qui n'existait pas au point 0…). Comme disait Tresmontant : on aurait tort de se focaliser sur le seul Big Bang, comme si cette première "création" était la seule dans l’Histoire de l’univers. Il faut aussi considérer l’apparition continue, tout au long de l’Histoire de l’univers, d’informations nouvelles qui ne pré-existaient en aucune manière et qui ont surgit "spontanément" au fil du temps – ce que Bergson appelait la "création continue d’imprévisible nouveauté".

 

POUR : Une certaine idée de la transcendance.

CONTRE : Les progrès de la science, l'évolution, le transformisme.

 

Autrement dit : l'idée contre les faits. Là, d'Ormesson a clairement un siècle de retard – sa présentation est surannée dans les largeurs. Les progrès de la science accréditent plus que jamais l'existence de Dieu, puisque les thèses de l'éternité de la matière et du hasard ne sont plus recevables aujourd'hui. Dieu est donc plus nécessaire aujourd’hui que jamais.

 

Quant à l'évolution, nous dit Tresmontant, elle "n'est pas un principe d'explication – elle est ce qu'il s'agit d'expliquer". Elle est la création en train de se faire.

 

POUR : La tradition, une intime conviction.

CONTRE : La raison. La régression à l'infini exigée par la notion de Dieu.

 

Autrement dit : la subjectivité irrationnelle et mécanique contre l'objectivité rationnelle. Affligeant... Où l'on se prend à regretter que d'Ormesson n'ait pas lu une ligne de Claude Tresmontant... C'est précisément la raison qui postule l'idée d'un Être transcendant, éternel et absolu – un Être nécessaire qui ne doit son existence à rien ni à personne. Car le néant ne peut être absolument premier. S'il y a de l'être, c'est que de l'être a toujours existé – car autrement, cela reviendrait à affirmer la primauté du néant sur toute chose, ce qui n'est pas une pensée rationnelle. Entre le néant et l’Être, la raison tend vers l’Être. Or, cet Être ne peut être l'Univers – puisqu'il n'est pas éternel, et que ses caractéristiques ne sont pas celles d'un Être auto-suffisant. Dès lors : nous pouvons savoir avec certitude par la raison qu'il existe un autre Être que l'Univers, qui existe de toute éternité, qui est incréé, et qui donne à l'Univers d'exister. Cet Univers évoluant par ailleurs dans un sens déterminé (celui de la complexité croissante jusqu'à l'apparition de la vie et de la pensée) ; et la matière étant structurée de manière mathématique (donc : intelligente) ; nous pouvons entrevoir l'existence d'une Intelligence organisatrice à l'oeuvre conduisant l'évolution jusqu'à son terme, et communiquant à l'Univers les informations nouvelles dont il a besoin (et qu'il ne peut se donner lui-même) pour franchir chaque nouvelle étape de son développement.

 

POUR : Le réglage d'une précision inouïe observé dans l'Univers.

CONTRE : Le jeu du hasard et de la nécessité.

 

Reconnaissons que l'objection du hasard est devenue inoffensive – maintenant que nous connaissons l'Histoire de l'univers (qui rétrécit considérablement le champ des possibles) et l'abîme de complexité de la plus petite cellule vivante.

 

POUR : Un Univers ayant un début et une fin.

CONTRE : Des multiunivers se succédant en accordéon.

 

Cette dernière thèse étant un pur roman, sans le moindre fondement dans la réalité objective...

 

POUR : La dignité de l'homme mêlée à sa misère.

CONTRE : La misère de l'homme mêlée à sa grandeur.

 

C'est la seule objection recevable du point de vue de la raison. L’objection du mal. Comment croire en l’existence de Dieu dans un monde aussi profondément marqué par le mal (guerres, génocides, maladies, handicaps,…) ? Comment Dieu, le Créateur souverainement puissant et intelligent que nous découvre la raison, a-t-il pu créer un tel monde – théâtre de tant d’horreurs ?

 

Pour recevoir une lumière sur ce grand mystère, il faut écouter ce que Dieu lui-même nous en dit. Car s’il en est un qui peut nous dire ce qui ne "fonctionne" pas dans la Création, c’est bien le Créateur lui-même ! Cela suppose évidemment que l'on ait préalablement résolu la question de son existence. Tresmontant fait remarquer à ce sujet que la question du mal renvoie immanquablement au mystère du bien ; que celui-ci est premier, quoiqu’on en dise. Qu'est-ce que le mal en effet, sinon la privation d'un bien? (la mort : la privation de la vie... la maladie : la privation de la santé... la servitude : la privation de la liberté...). En rigueur de terme, le mal n’existe pas – il n’est pas un être, mais un défaut d’être, un manque d’être, un mal être. Ce qui existe, c’est le bien. La question du bien doit donc être traitée en premier, et c'est elle qui nous conduit irrésistiblement à Dieu – à son existence. La question du mal vient après. Elle ne remet pas en cause l’existence de Dieu (démontrée à partir du bien qui est premier), mais toute tentative d’explication du mal sans Dieu. Pour savoir pourquoi il y a du mal dans le monde, il faut interroger le Créateur et accueillir sa réponse. Il faut donc s’intéresser de près à la notion de "révélation", ainsi qu’à son contenu.

 

POUR : L'esprit humain seul capable d'essayer de comprendre l'Univers.

CONTRE : L'existence statistiquement inéluctable d'autres intelligences dans l'Univers".

 

D'abord, on ne voit pas pourquoi l'existence d'autres intelligences dans l'Univers serait un obstacle à l'existence de Dieu. Dieu n'aurait pas le droit de créer d'autres êtres ailleurs que sur la terre? Ensuite, statistiquement, il est douteux que d'autres intelligences existent dans l'Univers – car les conditions pour qu'elles existent sont si nombreuses qu'il est hautement improbable de les trouver toutes réunies ensemble ailleurs (compte tenu, finalement, de la "petitesse" de notre univers – qui n'est pas le Cosmos infini imaginé par nos Anciens, mais un espace fini et limité). Et quand bien même les statistiques seraient favorables, on ne sait toujours pas d'où vient la vie. On sait quelles sont les conditions nécessaires à son émergence – on ne sait pas si ces conditions sont suffisantes. On n'a toujours pas réussi à "fabriquer" de la vie en laboratoire à partir de la matière inerte (même en maximisant les chances)... La vie relève davantage du "miracle" et du "mystère" que d'un simple processus physico-chimique. Dès lors : quand bien même nous découvririons une autre planète terre quelque part dans l’Univers, rien ne dit que l'on y trouverait de la vie – et encore moins de "l'intelligence"...

 

POUR : La résignation ou mystère.

CONTRE : La résignation à l'absurde.

 

C'est en effet ici que tout se joue. Il y a un choix fondamental à faire – on ne peut y échapper. OU BIEN Dieu existe, et nous devons consentir au mystère – admettre qu'il existe une Vérité au-delà de notre Raison. OU BIEN Dieu n'existe pas et nous devons consentir à l’absurde – admettre qu’il existe des vérités contraires à la Raison.

 

Mais comme disait avec grande sagesse Jean Guiton, dans une inspiration pascalienne : "L'absurdité de l'absurde me conduit au mystère"...



[1] Roger Verneaux, in Introduction générale et logique, Editions Beauchesne 1997, p. 16

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 14:45

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 10:36

La méthode déductive de raisonnement philosophique, avons-nous vu, est fondée sur des présupposés qui s'avèrent, après analyse, erronés [1].

 

Il nous faut nous intéresser maintenant à la méthode même. Que fait le philosophe, lorsqu'il s'efforce de concevoir les premiers principes à la lumière de sa raison pure, affranchie de tout contact avec l'expérience sensible?

 

A partir d'un raisonnement qui se veut rigoureusement rationnel, notre philosophe conçoit tout ce qui est POSSIBLE. Et à partir du POSSIBLE, il déduit le REEL. Non que le POSSIBLE soit nécessairement REEL! Le POSSIBLE peut exister, comme il peut ne pas exister. Mais ce qui est sûr, pour notre philosophe, c'est que l'impossible, lui, n'est pas concevable. Par suite, il ne peut pas exister. Ce serait contraire à la raison. Seul le POSSIBLE est rationnel.

 

Cette méthode comporte deux failles importantes. 1°) Elle considère que la raison peut déterminer a priori ce qui est POSSIBLE - et donc : rationnel. 2°) Elle estime que l'idée du POSSIBLE est absolument indépendante de l'expérience - et qu'elle naît dans la raison pure du philosophe.

 

Ce sont là deux graves erreurs (deux de plus...) qui entament considérablement la crédibilité de cette méthode de raisonnement.

 

Tout d'abord, est-il vrai que la raison pure du philosophe puisse envisager a priori, c'est-à-dire avant toute expérience, ce qui est POSSIBLE - et donc rationnel? La réponse est : non. "Nous ne savons pas à l'avance, nous dit Tresmontant, ce qui est possible ou impossible. Nous le savons après coup. Ce qui paraissait impossible en réalité ne l'était pas." [2]

 

Le Professeur appuie son propos par trois exemples éclairants :

 

"Si j'avais dit au siècle dernier : Je vois ce qui se passait il y a un milliard d'années, deux milliards d'années, trois milliards d'années,... - j'étais enfermé sans tarder dans un asile de fous. Ce que je disais paraissait absolument irationnel ou déraisonnable. Aujourd'hui, il suffit de regarder dans l'oculaire du grand télescope du Mont Palomar pour voir des galaxies telles qu'elles étaient il y a un, deux, trois... six, sept, huit... milliards d'années. Ce qui paraissait absurde ne l'était pas en réalité.

 

"Il fut un temps où il paraissait complètement absurde de prétendre qu'il existe des antipodes : comment les hommes peuvent-ils vivre la tête en bas? Cette absurdité évidente n'est plus absurde pour nous. Nous nous y sommes faits. Nous avons appris à considérer que les notions de haut et de bas sont relatives.

 

"Il y a deux siècles, si j'avais dit à Voltaire que je peux parler avec un Chinois qui habite en Chine alors que je demeure à Paris, Voltaire m'aurait sans doute objecté que c'est irrationnel. Nous savons aujourd'hui que cela ne l'est pas. Ce qui paraissait impossible n'était pas en réalité impossible." [3]

 

Dès lors, la méthode déductive nous trompe lorsqu'elle prétend pouvoir dire, avant toute expérience, ce qui est POSSIBLE, et donc rationnel. La raison humaine ne peut rien connaître en dehors de l'expérience sensible. C'est l'expérience sensible qui nous enseigne ce qui est POSSIBLE, et donc : ce qui est rationnel. "On appelle pensée rationnelle une pensée qui est conforme à l'expérience, qui n'entre pas en contradiction avec l'expérience, c'est-à-dire avec la réalité objective. Nous ne savons ce qui est rationnel et ce qui est irrationnel qu'à partir de l'expérience, et non pas a priori, ou avant toute expérience." [4]

 

Nous verrons dans un prochain article que ce que le philosophe adepte de la méthode déductive considère comme sortant a priori de sa raison pure est en réalité abstrait de l'expérience sensible ; et qu'il est IMPOSSIBLE, à la vérité, de raisonner a priori, indépendamment de l'expérience. Pour démontrer cela, nous recevrons un renfort de poids : Jules César, le célèbre empereur romain! 

 


[1] Cf. nos articles du 9 octobre 2011, 1er présupposé de la méthode déductive : "le monde est ma représentation" ; du 16 octobre 2011, Réfutation du 1er présupposé de la méthode déductive ; du 28 octobre 2011, 2e présupposé de la méthode déductive : le dualisme corps/âme ; du 13 novembre 2011, Réfutation du 2e présupposé de la méthode déductive ; du 27 novembre 2011, 3e présupposé de la méthode déductive : la nature n'est pas informée ; et du 26 décembre 2011, Réfutation du 3e présupposé de la méthode déductive.

[2] Claude Tresmontant, in Les Métaphysiques principales, François-Xavier de Guibert 1995, p. 276.

[3] Ibid. Claude Tresmontant évoque aussi le cas du "petit bonhomme de Laplace" - qu'il affectionne particulièrement puisqu'il en parle dans plusieurs de ses ouvrages. Nous lui consacrerons, le moment venu, un article spécifique.

[4] Ibid.

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Published by Matthieu BOUCART - dans Méthode déductive
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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 11:58

LE POINT (Existence de Dieu)Nous commençons ici notre critique du numéro spécial du Point consacré à l’existence de Dieu - publiée simultanément sur le blog Totus Tuus

 

L'éditorial de Franz-Olivier Giesberg donne le "la"... Il commence bien pourtant, lorsqu'il affirme : "C'est un fait : on sent ou voit souvent le Tout Puissant là-haut, notamment par une nuit étoilée, quand, devant la beauté de la nature, quelque chose nous transcende." Cela me fait irrésistiblement penser à cette parole d'Abraham Lincoln : "J'arrive à comprendre qu'il soit possible de regarder la terre et d'être athée. Mais je ne comprends pas qu'on puisse lever la nuit les yeux sur le ciel et dire qu'il n'y a pas de Dieu."

 

Après, ça se gâte : "Dieu n'est pas scientifiquement prouvé et on peut se demander s'il le sera un jour." Non Franz-Olivier, ça, on ne peut pas se le demander. La question de Dieu n'est pas une question scientifique. La science est INCAPABLE de dire quoi que ce soit sur Dieu – POUR ou CONTRE son existence. Non en raison de l’insuffisance de ses connaissances. Mais parce que tel n’est pas son objet. Le scientifique sortirait du champ de la science à vouloir statuer sur cette importante question (ce qu’il peut légitimement faire, bien sûr, mais pas en tant que scientifique).

 

L’objet de la science est de scruter la réalité matérielle, et elle seule (d’appréhender seulement ce qui est observable et calculable) – pas de réfléchir sur la question de savoir si la matière est la seule réalité existante ; cette dernière question est d’ordre métaphysique.

 

Bien entendu, la métaphysique est une science – en ce sens qu’elle est une "connaissance par les causes" (ce qui est la définition de la science, selon Aristote). Mais en cette acception, il ne faut pas dire que "Dieu n’est pas scientifiquement prouvé", puisque de fait, il l’est. Et les découvertes scientifiques du siècle passé ont considérablement renforcé les preuves métaphysiques établies par la philosophie réaliste de Saint Thomas d’Aquin, réactualisée de manière magistrale au siècle passé par Claude Tresmontant ou Marie-Dominique Philippe (au sujet desquels le reportage du Point ne pipe mot…)

 

FOG 

Blaise Pascal est désigné ensuite "puits de contradiction"... parce qu'il passe "sans cesse de la foi à la raison et inversement"... comme s'il y avait contradiction à passer de l'un à l'autre ! Rappelons que la foi et la raison ne s’opposent pas, mais se répondent l’une l’autre et s’éclairent réciproquement. La foi présuppose la raison (la connaissance rationnelle de Celui à qui l’on donne sa foi – de son existence et de sa nature) ; elle est un mode de connaissance de vérités, certes indémontrables (c’est pourquoi elles sont révélées), mais non inintelligibles : la raison cherche à comprendre les vérités accueillies par la foi – c’est là l’essence même de la théologie. Ce qui est objet de foi peut être pensé par la raison (par ex. la Trinité).

 

Autrement dit : si la raison doit se soumettre à la foi – en vertu même des exigences de la raison, selon la pensée de Pascal [1] –, elle ne doit nullement se démettre. Ni en amont – où elle est fondée à rechercher les preuves rationnelles de l’existence de Dieu et de l’authenticité de la révélation divine ; ni en aval – où elle est fondée à mieux comprendre le donné révélé. Pour reprendre l’admirable formule de Saint Augustin : le théologien croit pour comprendre et comprend pour croire.

 

"Alors que s'agrandit sans cesse le champ de nos connaissances, un domaine reste inaccessible à la science, celui de la foi, où nous demeurons libres d'inventer notre propre vérité. C'est le dernier domaine où nous pouvons dire (ou croire) ce que nous voulons sans crainte d'être démenti par les faits." Franz-Olivier Giesberg gagnerait vraiment à lire les BD de Brunor... Si l'on entend par "foi" toute conviction religieuse, alors si : nous pouvons être démentis par les faits. Par exemple : ceux qui professent l'éternité de l'univers, la divinité des astres, le mythe de l'éternel retour,... ceux-là sont démentis par les faits. Ce en quoi ils croient ne trouve aucun écho dans la réalité concrète que nous expérimentons. La raison nous conduit donc à les tenir pour faux.

 

La foi ne consiste pas à "croire" en n'importe quoi, selon mes désirs et ma volonté – elle n'est pas un lieu "d'invention", mais au contraire : d'humble accueil de la vérité qui se donne à connaître. La foi est la démarche ultime de la raison qui se soumet à Dieu – dont elle peut connaître avec certitude l'existence et quelque chose de son essence, à partir de la considération de l'univers tel qu'il existe et tel que les sciences positives nous le dévoilent ; et dont elle peut vérifier l'authenticité de la "révélation" faite à Abraham et au peuple hébreu, et son accomplissement plénier en Jésus-Christ.

 

La foi est donc une démarche "contrainte" par la vérité observée, laquelle ne dépend nullement de mes préférences, mais s'impose à moi dans son objectivité. Je peux certes la refuser (je reste libre face à cette "contrainte") mais non pas l’ignorer. Car elle se présente à moi sous la forme d’une proposition inévitable en raison de son caractère suprêmement raisonnable.

 

Si nous ne pouvons nous "passer" de Dieu – comme le constate Franz-Olivier Giesberg à la fin de son article –, c'est parce que Dieu est profondément enraciné dans notre raison, et que pour l'en déloger, il faudrait que l'homme perde la raison. Dès lors, tant qu'il y aura des hommes, la question de Dieu s'imposera – car il n'existe, à la vérité, aucune alternative rationnelle à son existence. 

 


[1] "Il n’y a rien de si conforme à la Raison que ce désavoeu de la Raison (...). La dernière démarche de la Raison est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent : elle n’est que faible si elle ne va pas jusqu’à connaître cela" (Pascal).

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 18:36

Saint PaulClassique des études sur Saint Paul, Saint Paul et le mystère du Christ entend nous débarrasser de bien des contre-sens qui continuent d’être véhiculés à son sujet.

 

Dans son très beau livre Introduction à la métaphysique de Tresmontant, Yves Tourenne nous avertit qu’il s’agit bien de « l’œuvre d’un philosophe, ou d’un penseur de la cosmogenèse, qui a lu Teilhard de Chardin, et d’un penseur de la métaphysique biblique. » (p. 315)

 

En effet, Tresmontant avait proposé une lecture synthétique du chercheur en 1956 ; la même année, signe d’une parenté avec Saint Paul, il approche « le mystère du Christ ».

 

Le mot grec mysterion tire son origine probable du verbe muein qui signifie « fermer la bouche », ce qui a pu donner « mutisme » et « muet » ; le mystère mime le silence, une vertu de mystique très recherchée par Tresmontant : « Il faut savoir écouter, il faut savoir se taire, il faut aimer le silence, pour écouter le réel, pour l'ausculter, dans tous les ordres, et pour le penser en secret. » (Introduction à la théologie chrétienne, p.507)

 

Dans le monde biblique, le « mystère » désigne un secret (en hébreu, Sôd), un signe intelligible d’une richesse telle qu’il peut nous réduire au silence, comme en état d’émerveillement. C’est un pain de l’intelligence, le contraire des abstractions ésotériques réservées à des sectes d’initiés ; Tresmontant nous invite à goûter à ce pain que nous présente Saint Paul, en vue de discerner le cœur même de la métaphysique du Christ, le dessein créateur de Dieu. De fait, aucune contradiction entre le message du Christ et le message de Saint Paul.

 

Toutefois, si le Christ utilise une symbolique paysanne, Paul a tendance à la tourner en symbolique citadine (p. 11) ; en revanche, ni chez le Christ, ni chez Saint Paul, le « sentiment de la nature » n’est convoqué comme chez les romantiques. Les analogies sont toujours au service du sens fécond de la vie et ne sont jamais un moyen de la fuir.

 

Le milieu de Saint Paul

 

Encore aujourd’hui, on a tendance à considérer le judaïsme en un seul bloc ; or, désormais, on sait avec les travaux de Lietzmann notamment que le judaïsme talmudique a remplacé le judaïsme grec.

 

« la Loi mosaïque a subi un développement qui a été d'ailleurs ressentie par le judaïsme lui-même puisque la Halaka n'est rien d'autre que l'interprétation, en fonction des temps nouveaux et des circonstances nouvelles de la Loi écrite. Ce développement de la Loi, dans le Judaïsme, a été une augmentation, constante de la Torah, sans laisser tomber caduques de l'arbre. » (p. 99)

 

La contradiction est patente : le judaïsme qui prétend suivre depuis Moïse les prescriptions est lui-même cause d’une évolution dogmatique.

 

Au temps du Christ, les pharisiens (« séparé »), les peroushims, avaient la foule pour alliée, les scribes et la stricte observance de la Loi. Ils ont remplacé peu à peu les Sadducéens, les prêtres entourés par les riches et les aristocrates.

 

Sur le plan théologique, les pharisiens dont faisait partie Saint Paul avant sa conversion, ne rejettent pas la résurrection de la chair, contrairement aux Sadducéens.

 

Le rôle de la Loi mosaïque

 

Saint Paul ne rejette pas le sens normatif de la Loi qui a permis « d'ABREAGIR le péché, en faisant d'abord prendre conscience qu'il existe, en le faisant reconnaître comme péché. » (p. 67)

 

Le péché signifie le crime. Comme Tresmontant n’a cessé de l’écrire, on peut observer tous les jours que l’homme, le paléo-anthropien des paléontologues, le « vieil homme » de Saint Paul, vit de sacrifices et de meurtres ; il suffit de l’observer très simplement. De fait, dans l’histoire, « sans la Loi mosaïque, il n'y aurait pas eu d'Israël, parce que comme tous les autres peuples, celui-ci se serait vautré dans la prostitution aux idoles, dans le crime et l'injustice. Israël sans la Loi aurait été comme un organisme sans structure, sans possibilité d'existence autonome. » (p. 64).

 

Avec le Christ, la Loi ne suffit plus. L’humanité est arrivée à une nouvelle étape. C’est pourquoi le sens de la Loi n’est plus à strictement parler moral mais ontologique. L’exigence est à son point oméga : ce n’est plus un respect des Lois selon une relation de petit enfant devant son père mais une question d’être selon une relation d’époux.

 

« Une tentative pour faire régresser la « justice » du plan surnaturel chrétien au plan de l'éthique, se trouve dans la morale de Kant. La Critique de la Raison pratique représente un effort analogue à celui que Paul eut à combattre chez les Galates : chercher la justice dans l'observance d'une Loi morale. » (p.117)

 

Pour conclure sur ce point, la Loi n’est pas supprimée comme chez Marcion, mais accomplie. Aucun anti-judaïsme chez Saint Paul mais reconnaissance intégrale de la première matrice, du « phylum » hébreu. Ceci ne peut se comprendre que si l’on interprète le sens du prophétisme hébreu que Saint Paul maîtrisait.

 

La tradition du prophétisme

 

Le prophétisme hébreu éclaire une métaphysique du temps tout à fait originale ; petit à petit, comme un lent apprentissage, l’humanité se forme, en sortant des antiques programmations animales, de cette vieille humanité qui vit de sacrifices et d’idolâtrie (sacrifier = rendre sacré), laquelle est considérée comme la stupidité la plus mortelle chez tous les prophètes : « L'inintelligence, ce que les prophètes appellent la stupidité, est donc le péché fondamental, le péché par excellence, le péché contre l'esprit. […] L'idolâtrie est la stupidité fondamentale, conformément à l'enseignement des prophètes : stupidité métaphysique, qui confond le Dieu créateur avec le créé périssable. » (p. 121/122)

 

Que l’on pense à l’exemple célèbre que Saint Paul rapporte avec humour d’Athènes, en dépit des railleries qu’il a essuyées là-bas : « J'ai même trouvé un autel sur lequel était gravé : « A un Dieu inconnu ! » » (p. 126)

 

En effet, le propre du paganisme est de vivre selon l’antique humanité qui secrète des dieux par milliers et, le plus souvent, sans s’en rendre compte. C’est pourquoi « du point de vue païen, un Juif est « athée » puisqu'il refuse d'adorer les multiples dieux de la cité. C'est en tant qu' «athées » que les Juifs ont été persécutés dans l'Empire. Rappelons-nous la stupéfaction des armées romaines quand les vainqueurs eurent pénétré dans le Temple de Jérusalem, dans le Saint des saints, et qu'ils n'y trouvèrent au lieu des statues qu'ils attendaient, rien. » (p. 158-159)

 

Vers une anthropologie intégrale

 

« Si l'Incarnation s'était effectuée au paléolithique, par exemple, dans une quelconque tribu humaine, le monde n'aurait pas connu la Visite de Dieu. L'Evangile n'aurait pas pu être annoncé, parce que non seulement il n'aurait pas trouvé un terrain pour le recevoir, mais aussi parce que l'humanité n'avait pas encore atteint son âge, réalisé une unité, qui permît au levain de la Parole de soulever la pâte humaine. Il fallait donc que la pâte humaine soit physiquement prête à recevoir cette semence. Avant ce moment-là, l'annonce de l'Evangile aurait été prématurée. C'est pourquoi la Bible attache une telle importance aux « temps » » (p. 77)

 

Nous retrouvons ici la métaphysique biblique du temps, toujours prospective, jamais rétrospective. Il est étonnant de constater que « l'Incarnation, en fait, s'est opérée au moment où l'Empire romain avait fait l'unité du monde méditerranéen. » (p. 77)

 

L’Incarnation éclaire le sens de la foi qui, dans le christianisme, ne « ne s'oppose pas à la connaissance, comme chez les gnostiques. Elle est connaissance, connaissance de Dieu, intelligence du mystère de Dieu manifesté en son Fils. » (p. 153)

 

« Vouloir connaître quelque chose, c'est n'avoir rien compris au mystère de Dieu qui est quelqu'un. » (p. 153)

 

Pour connaître davantage ce « Quelqu’un », l’ascèse est une des conditions, en vue de la divinisation réclamée. Elle est une purification de l’antique humanité, en vue de ratifier davantage le don de la vie surnaturelle. « L'ascèse paulinienne est une ascèse athlétique. Elle n'a rien d'une ascèse morbide, d'un masochisme stérile, elle est essentiellement orientée vers le fruit à porter. On émonde l'arbre pour qu'il porte davantage de fruit. Saint Paul, c'est le contraire de « la recherche du temps perdu ». » (p. 160)

 

Il faut s’entendre tout de suite sur le mot « chair » ; par exemple, des intellectuels comme Michel Onfray disent que le christianisme véhicule une haine du corps. C’est tout le contraire qui est vrai.

 

En réalité, il s’agit d’un malentendu sémantique : l’univers biblique n’est pas l’univers matérialiste resté victime du dualisme platonicien avec, d’un côté, le corps et, de l’autre, l’âme, laquelle est supprimée dans le schéma des matérialistes. Ici, la chair (de l’hébreu basar) ne désigne pas le corps mais la totalité humaine. Ainsi, Paul ne dit pas que le corps est mauvais (thèse manichéenne) mais que « l'humanité est, en son fond, pécheresse » en s’opposant à la vocation de Dieu.

 

On sent qu’il s’agit d’un ouvrage de vulgarisation qui sera davantage approfondi, cette fois, dans Schaoul Paulus, la théorie de la métamorphose où, comme le suggère son titre, Tresmontant va révéler l’anthropologie intégrale qui est le cœur du christianisme : ce qui est voulu depuis le début nous est révélé par le Christ qui résume l’union entre l’Incréé et la créature, modèle à assimiler selon une relation d’amitié, sans confusion, sans altération. 

 

 

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Published by Jérémy MARIE - dans Bibliographie
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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 11:28

Je crée ce jour une nouvelle rubrique intitulée "Critiques".

 

J'entends critique ici non au sens d'"avis négatif" - qui est devenu le sens courant - (même si bien entendu, je me réserve aussi d'être critique en ce sens là), mais au sens neutre de "l'art de juger les oeuvres de l'esprit".

 

Il s'agira de réfléchir sur tel ouvrage, tel article de presse, tel film peut-être aussi... et de les évaluer à l'aune de la pensée, de la doctrine, de la philosophie de Claude Tresmontant.

 

Nous essaierons d'imaginer comment Claude Tresmontant aurait réagi face à telle production. Nous vérifierons la pertinence de ses analyses en les confrontant aux modes de pensée actuels, tels qu'ils s'expriment dans les différents médias existants.

 

Nous inaugurerons cette nouvelle rubrique dans les tous prochains jours, avec une critique de fond du numéro de fin d'année du Point, consacré aux "questions et réponses sur l'existence de Dieu".

 

La critique est en cours de rédaction sur le groupe Facebook Claude Tresmontant. Vous êtes invités, si vous le souhaitez, à participer à la discussion, soit sur Facebook, soit sur ce blog en réagissant aux articles publiés, soit encore sur le blog Totus Tuus, sur lequel paraîtront simultanément les articles concernés. 

 

Cette critique va nous prendre plusieurs semaines, car le reportage du Point est assez dense [1]. Mais elle va nous permettre de situer la pensée du monde contemporain sur cette question fondamentale de l'existence de Dieu, et d'apprécier par contraste la valeur de la doctrine de Claude Tresmontant - de comprendre quelle contribution cette doctrine peut apporter au monde actuel, et l'importance, l'urgence, de la faire connaître.

 

Il n'est plus possible aujourd'hui de traiter d'un tel sujet (l'existence de Dieu) sans faire la moindre référence à l'oeuvre métaphysique (accessible à la compréhension au grand public) de Claude Tresmontant [2] - pour une revue comme le Point qui se veut sérieuse et bien documentée, c'est de l'ordre de la faute professionnelle. Nous nous efforcerons donc, avec nos humbles moyens, de rendre justice au cher Professeur en lui permettant, par notre "voix", de répondre aux "docteurs" de ce monde, et de proposer une alternative authentiquement rationnelle à la pensée dominante - qui l'est de moins en moins...

 

Vous êtes, chers lecteurs, conviés à faire vivre cette rubrique. Si vous avez une réaction que vous souhaiteriez partager sur telle oeuvre de votre connaissance, vous pouvez me soumettre un projet d'article que je publierais volontiers sous le nom que vous voudrez (le vôtre, ou un pseudonyme). 

 


[1] A un internaute qui m'objectait : "On peut se demande si ça vaut la peine de donner tant d'importance à ce numéro...", je répondais : "Ca vaut toujours la peine de remettre les idées à l'endroit quand elles sont à l'envers! - d'autant que l'on y retrouve tous les poncifs à la mode auxquels il m'apparaît important de répondre. Et l'on est là de surcroît sur un terrain privilégié de la pensée de Claude Tresmontant - c'est donc une excellente occasion de la faire connaître."
[2] Voici le texte du "statut" que je publiais sur le groupe Facebook pour lancer la discussion sur le reportage du Point : "Avez-vous lu le dernier numéro du Point consacré aux 'questions et réponses sur l'existence de Dieu'? Atterrant... Pas un mot naturellement sur Claude Tresmontant (sa pensée, son oeuvre...) - il n'existe tout simplement pas - ni sur l'un quelconque de ses brillants disciples - comme le dessinateur de BD chrétienne Brunor, pourtant d'actualité avec son dernier album "Le hasard n'écrit pas de message". Il est vraiment temps que cela change, et que le cher Professeur soit enfin connu (et reconnu) pour son apport philosophique sur la question de Dieu - et sa réfutation métaphysique de l'athéisme." Cf. notre article du 18 juin 2011, Un auteur méconnu
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Published by Matthieu BOUCART - dans Critiques
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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 18:44

Chers amis,

 

En exclusivité absolue sur ce blog, voici la 6e partie d'une interview audio donnée par Claude Tresmontant en décembre 1996, quatre mois seulement avant sa mort.

 

Interrogé par Jérôme Dufrien - qui nous a fait l'honneur et la grâce de nous confier la diffusion de ce document exceptionnel -, Claude Tresmontant revient sur les grands thèmes de son oeuvre.

 

Dans ce nouvel extrait que nous publions aujourd'hui, Claude Tresmontant nous parle de l'accélération de l'Evolution (avec une petite coupure technique sur la fin à un moment important... mais qui n'empêche pas de saisir la pensée de l'auteur). 

      

 

Dans le prochain extrait, que nous publierons le 5 février prochain, Claude Tresmontant nous fera réfléchir sur le problème du mal.

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Published by Matthieu BOUCART - dans Audio
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  • : Blog consacré à l'un des plus grands métaphysiciens catholiques du XXe siècle, qui démontra le caractère irrationnel de l'athéisme.
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