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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 22:42
introduction-a-la-metaphysique-de-maurice-blondel-de-claudeAprès avoir présenté la correspondance entre le père Laberthonnière et son ami Maurice Blondel, Tresmontant nous invite à découvrir en 336 pages la "cathédrale", laquelle n'a rien d'un édifice spéculatif, de celui qu'il sera convenu de reconnaître comme le métaphysicien le plus décisif de toute l"histoire de la philosophie : Maurice Blondel.

Tresmontant corrige les malentendus qui ont pu être entretenus au sujet de la pensée de Blondel, exigeante mais stimulante et, selon nous, assomptive et apocalyptique, pour qui la philosophie est "normalement orante".

(avec l'aimable collaboration d'Athanase Ducayla pour son travail de mise en page)

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Published by Jérémy MARIE - dans Bibliographie
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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 00:00

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Published by Matthieu BOUCART - dans Vidéo
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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 00:00

Retour sur l'intense disputatio avec Loïc, en commentaire de l'article "Ceux qui disent que le problème ne se pose pas". Compte tenu de la richesse de cet échange, et parce qu'il nous permet d'entrer dans le fond de la pensée de Claude Tresmontant, nous le reproduisons ici en une série d'articles qui nous permettra d'isoler les thématiques et de les approfondir au besoin.

 

Commentaire n°6 :

 

Suite à nos précédents échanges, Jean Alardin et Jérémy Marie interviennent dans le débat. Dans une réponse à ce dernier, Loïc écrit deux choses qui me font réagir.

 

"Sur le caractère résolument scientifique de vos conclusions métaphysiques, il faudra m’expliquer, sachant qu’il s’agit de deux registres distincts. Une conclusion métaphysique ne peut pas être scientifique par définition et inversement, une conclusion scientifique ne saurait relever de la métaphysique. Ce que vous faites, à l’examen, c’est partir de faits scientifiques et les tordre, afin de les faire correspondre à votre conception métaphysique. Malheureusement pour vous, outre le fossé infranchissable qui sépare le scientifique du métaphysique, les faits sont têtus, comme dirait l’autre.

 

"Sur la citation de Polkinghorne, je m’amuse que ce monsieur juge « surprenante » la possibilité du vide quantique comme origine éternelle, mais qu’il estime en revanche tout à fait normal et satisfaisant pour la compréhension de recourir à Dieu. Pour ma part, en tant qu’athée, ce n’est pas que ‘Dieu’ ne me plaît pas comme réponse (au contraire, je dirais, mon narcissisme préférerait que Dieu existe), mais tout simplement que je ne vois pas ‘Dieu’ comme une réponse – plutôt comme une question supplémentaire : une fois qu’on a dit « Dieu », non seulement on n’a pas gagné en connaissance sur le monde, mais qui plus est on a troqué un inexpliqué contre un inexplicable, ou encore un problème contre un mystère.  

 

Réponse :

 

Si vous me permettez, cher Loïc, de m'insérer dans votre dialogue avec Jérémy, je souhaiterais réagir à deux de vos affirmations dans ce dernier commentaire.

 

"Une conclusion métaphysique ne peut pas être scientifique par définition..." Je pense qu'il y a là une confusion sur le sens du mot "scientifique" - que vous n'entendez pas tous deux de la même manière. Quand vous parlez de "science", Loïc, vous entendez : les sciences positives. Quand Jérémy parle de science, il en parle au sens philosophique du terme - qui englobe les sciences positives mais plus largement aussi : la philosophie, et pour un penseur chrétien, la théologie. La notion philosophique de science comprend toutes les certitudes intellectuelles auxquelles l'homme peut parvenir, que ce soit au moyen des facultés naturelles de sa raison ou au moyen de la Révélation divine. La Science est la connaissance certaine et définitive que nous avons du réel (même si, bien entendu, cette connaissance, quelque définitive soit-elle, reste ouverte à des perfectionnements futurs à mesure de nos découvertes : la Vérité est d'une richesse inépuisable). En ce sens, la métaphysique est une science - science de l'être -, comme les sciences positives sont une science - science de la matière - et comme la théologie elle-même est une science - science de la révélation.

 

"... et inversement, une conclusion scientifique ne saurait relever de la métaphysique." Trois choses : si l'on remonte à la source de la science, on verra qu'elle est une branche de la philosophie réaliste d'Aristote appliquée à la seule matière. La science n'est pas neutre sur le plan métaphysique - elle présuppose admis un certain nombre de notions fondamentales et de principes fondamentaux qu'il ne lui appartient pas d'expliquer et de justifier (car ce n'est pas son domaine propre), mais dont il convient néanmoins de rendre compte sur le plan de l'intelligence : ce qui sera précisément le rôle de la métaphysique.

 

2e chose : La science s'est structurée et développée en une discipline autonome par rapport aux autres branches de la philosophie (dont la métaphysique) autour d'une méthodologie appliquée à un objet particulier (l'univers, considéré en tant qu'il est matériel) qui lui donne d'obtenir des résultats qui font l'admiration du monde entier. Il importe, si l'on veut être fidèle à cette discipline, d'avoir bien conscience à la fois de ses potentialités et de ses limites ; de connaître quand l'on outrepasse ses limites et quand l'on entre dans un autre domaine de la pensée rationnelle. Mais il importe aussi de ne pas mépriser les branches "soeurs" de la philosophie réaliste d'Aristote, en particulier cet autre domaine qui utilise la même méthodologie que les sciences positives (inductive et expérimentale) appliquée à l'univers considéré non plus cette fois seulement en tant qu'il est matériel, mais en tant qu'il est - dans son être même. Car si la méthode expérimentale a donné des résultats abondants dans le domaine des sciences positives, on ne vois pas a priori pourquoi elle n'en donnerait aucun dans le domaine métaphysique.

 

Troisième chose enfin : les conclusions scientifiques sont l'aliment naturel de la métaphysique. Il ne s'agit pas de "tordre" les faits, mais de les "presser" pour en faire sortir tout le jus métaphysique qu'ils contiennent en eux-mêmes. Il convient d'examiner ce que tel fait présuppose ontologiquement pour être ce qu'il est comme il est. Rien de plus, rien de moins.


"une fois qu'on a dit "Dieu", non seulement on n'a pas gagné en connaissance sur le monde..." On n'a pas gagné en connaissance sur le monde, dites-vous? Notre échange, me semble-t-il, démontre le contraire, puisque vous n'êtes pas capable de faire la différence entre une pierre et un homme!  Comme l'écrit le pape François dans sa première encyclique - sur la Lumière de la Foi"Le regard de la foi chrétienne a apporté de nombreux bienfaits à la cité des hommes pour leur vie en commun! Grâce à la foi, nous avons compris la dignité unique de chaque personne, qui n'était pas si évidente dans le monde antique (...). Au fil de l'histoire du salut, l'homme découvre que Dieu veut faire participer tous, en tant que frères, à l'unique bénédiction qui atteint sa plénitude en Jésus, à travers la présence du frère. La foi nous enseigne à voir que dans chaque homme il y a une bénédiction pour moi, que la lumière du visage de Dieu m'illumine à travers le visage du frère."

 

"...mais qui plus est on a troqué un inexpliqué contre un inexplicable, ou encore un problème contre un mystère." Dieu inexplicable? Mais ce n'est pas parce que Loïc ne veut pas comprendre que Dieu est inexplicable pour tous!  Peut-être est-ce le mot Dieu qui vous gène?... Alors prenons le mot Être. Vous admettez qu'il n'y a pas lieu de s'étonner que l'Être soit - ce qui est FAUX du point de vue de l'être de l'univers (dont Georges Lemaître aimait à souligner "l'étrangeté") mais VRAI du point de vue de l'être nécessaire, puisqu'il est admis par tous les courants de la philosophie que le Néant absolu ne peut être premier (si tel était le cas, il n'y aurait aucun être existant, puisque du néant rien ne peut naître spontanément). Dieu n'est pas inexplicable en tant qu'Être nécessaire incréé - puisqu'il en faut un et que l'univers ne peut être celui-ci.

 

Dieu n'est pas absolument inexplicable non plus en son essence, puisque l'intelligence humaine s'en fait quelque idée : Dieu, en tant qu'être nécessaire, est incréé, transcendant, infini, éternel, créateur, tout-puissant, intelligent, personnel, vivant et opérant. On peut donc dire pas mal de choses de lui.

 

Enfin, Dieu n'est pas absolument inexplicable dans la mesure où, en tant qu'être personnel vivant et intelligent, il vient lui-même nous révéler son mystère : de manière partielle et progressive tout d'abord à Israël par les patriarches et les prophètes, puis de manière complète et définitive en Jésus-Christ, Fils de Dieu fait homme, mort et ressuscité pour notre salut - dont l'Eglise est le prolongement corporel dans l'histoire des hommes.

 

Dieu reste malgré tout infiniment mystérieux pour nous les hommes, je vous le concède. Cela tient à sa nature même - infinie - qui dépasse tout ce que notre nature - finie - peut saisir et comprendre. Mais qu'y a-t-il d'étonnant à ce que le Créateur de l'univers soit infiniment plus mystérieux que la réalité naturelle qu'il créé? Comme l'écrit le chimiste Robert Shapiro - non suspect de connivence avec le christianisme - avec son solide bon sens : "Si une montre est complexe, alors son créateur ne peut être que plus compliqué encore. Un être capable de bâtir un horloger serait certainement le plus compliqué du lot." (in L'origine de la Vie, Champs Flammarion 1994, p. 155) Dieu est donc à la fois la plus simple des explications ("trop simple" nous disent même certains  athées) et la plus complexe des réalités (ou la plus riche - je préfère cette expression).

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Published by Matthieu BOUCART - dans Disputatio
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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 00:00

Une-vie-apres-l-accouchement.jpg

 

Toute ressemblance avec d'autres discussions serait purement fortuite! 

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Published by Matthieu BOUCART - dans Pensées
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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 16:06

Retour sur l'intense disputatio avec Loïc, en commentaire de l'article "Ceux qui disent que le problème ne se pose pas". Compte tenu de la richesse de cet échange, et parce qu'il nous permet d'entrer dans le fond de la pensée de Claude Tresmontant, nous le reproduisons ici en une série d'articles qui nous permettra d'isoler les thématiques et de les approfondir au besoin.

 

Commentaire n°5 (3e partie) :

 

"10. [...] Ce n'est en effet ni une vérité évidente (... qu'il n'y ait pas de différence de nature entre une pierre et Einstein), ni une vérité démontrée (au contraire : on n'a jamais pu reconstituer en laboratoire le phénomène de la vie à partir de la matière inerte - ce qui montre que la vie reste un mystère qui nous échappe). En vérité, avec la matière vivante, nous voyons surgir une nouveauté dans l'être : une réalité immatérielle, l'âme (ou psychisme). Tous les êtres vivants ont en effet en commun de renouveler constamment et intégralement le stock de matière constituant leur corps physique - et cependant, il est un élément permanent qui transcende cette matière en renouvellement perpétuel : l'âme (ou psychisme), c'est-à-dire le principe organisateur de la matière. Il n'est donc pas légitime de chercher à réduire la réalité vivante à sa seule composition physique et chimique."

 >> 1) Navré de vous contredire, mais il n’y a aucune différence entre une pierre et Einstein : dans les deux cas, des atomes et du vide, rien de plus. Et c’est une vérité aussi évidente que démontrée pour quiconque a quelques notions scientifiques. 2) Sur la reconstitution de la vie à partir de matière inerte, vous avez l’expérience princeps de Miller (1953) et ses nombreuses déclinaisons qui montrent précisément que des composés organiques émergent spontanément dans un milieu formé d’eau et de gaz. Par ailleurs, ne commettez pas ce non sequitur si fréquent chez les croyants : ce n’est parce que la science ne parvient pas à expliquer quelque chose que cela valide automatiquement les théories alternatives, qu’elles soient paranormales ou théologiques. 3) Je ne vois pas ce que vous entendez par « élément permanent » qui organiserait la matière chez les êtres vivants. Rien n’organise la matière chez les êtres vivants, la matière s’organise toute seule et se renouvelle constamment, comme vous le dites fort justement. Vous n’iriez pas prendre nos processus mnésiques, si fragiles et hasardeux, mais nous conférant un sérieux avantage évolutif, pour ce que vous appelez « l’âme », n’est-ce pas ?

 

"11. [...] La durée est la dimension propre aux natures créées. J'ajoute que si le hasard peut rendre compte d'un ordre accidentellement obtenu (et encore, vos milliards d'années - qui représentent peu de choses à l'échelle supposée de l'éternité - font du surgissement du cerveau humain - par exemple - un véritable miracle), il ne peut suffire à expliquer l'existence de messages intelligibles se recopiant eux-mêmes et transmettant leur information. "On obtient en laboratoire la synthèse spontanée des éléments, les lettres de l'alphabet ou les mots. Mais le problème de fond reste entier : comment, avec ces éléments, la nature réalise-t-elle des télégrammes qui ont un sens, des messages qui contiennent de l'information, et quelle information! Tous les renseignements requis pour composer un être vivant, avec ses milliards de cellules différenciées qui travaillent de concert, un psychisme programmé..." (Tresmontant)

 >> Tresmontant n’était peut-être pas très versé en biologie moléculaire, car la réponse à sa question se trouve dans les travaux de cette discipline. Et puis, il oublie le facteur temps : Miller ne disposait pas de millions d'années pour transformer sa  « soupe primitive » en êtres vivants complexes, l'évolution, si. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que pour la science, le hasard seul ne préside pas à l’émergence de la vie, il y a aussi la nécessité, comme dirait Monod, c’est-à-dire le cadre déterministe dans lequel s’exerce ce hasard, en l’occurrence, nous concernant, le milieu terrestre. Quant à la durée, j’ai lu votre article et je constate que vous amalgamez indûment création et évolution : s’il y a du temps, c’est qu’il y a évolution des éléments existants, comme pour la « soupe primitive ». Et si la complexité ne surgit qu’après des milliards d’années et pas avant, c’est tout simplement et fort logiquement parce que l’évolution n’est aidée par personne et procède à l’aveugle.  

 

"12. [...] Cher Loïc, on ne peut rien "espérer" d'une nature aveugle. Aucune organisation, aucune intelligence, aucun message. Comme disait Einstein, on ne peut attendre d'une nature aveugle que du chaos. Autrement dit : si le mal est un problème pour le croyant - dont il lui faut rendre compte du point de vue de sa foi -, le bien (l'ordre, l'organisation, la vie, la pensée...) est un problème pour le matérialiste non croyant - que le hasard seul ne peut suffire à expliquer. Le problème du mal est le grand problème qui traverse l'humanité. Dieu nous en a donné quelque lumière dans sa Révélation."

>> Encore une fois, vous semblez croire que la « nature aveugle » ne peut rien produire. Toute notre science montre le contraire ! Que du chaos (au sens scientifique : dynamique non linéaire) surgit l’ordre, pis, que l’ordre consiste en un chaos sous-jacent (exemple des flocons de neige) et je trouve ça personnellement beaucoup plus beau et impressionnant que l’idée d’un grand architecte qui aurait mis des milliards d’années pour créer la vie sur une minuscule planète perdue dans une des innombrables galaxies de l’univers et faire de minables primates le « sommet de la création » ! Quant au bien et au mal, ils ne sont nullement un problème pour l’incroyant matérialiste que je suis, mais correspondent « bêtement » à des comportements favorisés par l’évolution et que chaque époque valorise ou dévalorise en fonction de ses préjugés et/ou de ses intérêts. En fait, pour moi, il n’y ni bien ni mal, mais uniquement des circonstances, positives pour les uns, négatives pour les autres, dans un grand jeu sans fin. Il n’y a ni bien ni mal dans le lion tuant la gazelle, pas plus que dans l’homme tuant son semblable, juste cette « nature aveugle »… que vous ne sauriez voir.

 

 

Réponse :

 

"il n'y a aucune différence entre une pierre et Einstein : dans les deux cas, des atomes et du vide, rien de plus." Voilà. Nous sommes au coeur de notre divergence. Tout est dans le "rien de plus". Qu'une pierre et Einstein soient tous deux constitués d'atomes et de vide, cela est incontestable ; c'est un point de vue scientifique limité à la considération des particules élémentaires constituant chaque être en ce monde. Mais outre que ce n'est pas la totalité du point de vue scientifique - votre propos ferait bondir plus d'un savant - le point de vue scientifique n'est pas le seul valable. Affirmez le contraire, et vous sortez de la science. Votre "rien de plus" révèle votre présupposé philosophique en faveur du matérialisme - votre "Credo" comme vous l'a dit Jean Alardin. Mais c'est ce Credo qu'il convient de soumettre à la critique. Il ne suffit pas d'affirmer dogmatiquement : "Il n'y a que la matière". Il faut encore le démontrer - non pas scientifiquement, car la science ne s'intéresse pas à cette question, mais métaphysiquement, rationnellement. Cela dit, la proposition "il n'y a aucune différence entre une pierre et Einstein" est tellement absurde qu'elle se réfute d'elle-même.

 

"Sur la reconstitution de la vie à partir de matière inerte, vous avez l'expérience (...) de Miller (1953) et ses nombreuses déclinaisons qui montrent précisément que des composés organiques émergent spontanément dans un milieu formé d'eau et de gaz." Cher Loïc, j'ignore votre niveau de culture scientifique, mais l'expérience de Miller n'a nullement démontré que la vie puisse jaillir de la matière inerte! "Il faudrait une grande imagination (...) pour établir un lien entre (...) la présence d'acide formique dans l'expérience de Miller-Urey et l'origine de la vie (...). L'expérience a (...) surtout produit du goudron : c'était la substance la mieux représentée. Parmi les plus petites molécules qui furent produites, seules treize peuvent être considérées comme présentant un intérêt. Il existe environ cinquante petits composés organiques qu'on appelle des blocs de construction, dans la mesure où ils sont utilisés pour construire les quatres grosses molécules importantes pour la vie. On ne trouvait que deux de ces cinquantes composés parmi les plus importants mis au jour par Miller-Urey. Il s'agissait de la glycine et de l'ataline, les deux acides aminés les plus simples présents dans les protéines, des éléments dont la conception même de l'appareillage faisait les favoris. Ces résultats ont fait l'objet d'une publication admirable de Miller, et il est exclu de les remettre en question. C'est l'interprétation de ces résultats qui doit attirer notre attention (...). Le produit de cette réaction ne présente aucune ressemblance avec le contenu réel d'une bactérie, dont la construction utilise de grosses molécules. Même dans le cas où ces grosses molécules seraient disloquées en leurs parties constituantes, le mélange qui en résulterait n'aurait que peu de points communs dans sa composition avec ce qui a résulté de l'expérience de Miller-Urey." (Robert Shapiro, in "L'origine de la vie", Champs Flammarion 1994, pp. 136-137). Si vous partez de prémisses erronées, il n'est pas étonnant que votre raisonnement conduise à des conclusions absurdes. Mais l'absurdité de vos conclusions devrait vous alerter.

 

"Rien n'organise la matière chez les êtres vivants, la matière s'organise toute seule et se renouvelle constamment." Oui. C'est du même niveau que de dire : "Rien ne meut les marionnettes ni ne les fait parler. Elles se meuvent et parlent d'elles-même. Il n'existe aucune réalité cachée qui explique qu'elles se meuvent et parlent d'elles-mêmes." Très convaincant. J'ajoute que s'il n'était question que d'organisation, on pourrait peut-être, à l'extrême limite, admettre le jeu du seul hasard. Mais il s'agit de bien plus que cela : il est question de création de matière - qui ne préexistait pas, et que l'état antérieur de la matière ne suffit pas à expliquer. Le fameux tableau de Mendeleiev a ceci d'étonnant qu'il est un tableau... périodique. L'histoire de l'univers est une histoire où l'on voit apparaître dans l'avenir PLUS qu'il n'y avait dans le passé, et où la réalité matérielle antérieure ne suffit pas à rendre compte par elle-même et à elle seule de tous les êtres commençant d'exister au fil du temps. Ainsi, qu'une pierre puisse donner Einstein par elle-même et à elle seule, voilà qui est incompréhensible et impensable pour la raison humaine.

 

"Miller ne disposait pas de millions d'années pour transformer sa 'soupe primitive' en êtres vivants complexes, l'évolution, si." Mais des milliards de milliards d'années ne nous suffiraient pas pour obtenir l'Iliade à partir du seul mélange hasardeux des caractères d'imprimerie. Il faut encore Homère. Alors, des cellules vivantes...

 

"Par ailleurs, il ne faut pas oublier que pour la science, le hasard seul ne préside pas à l'émergence de la vie, il y a aussi la nécessité, comme dirait Monod". La nécessité, donc : des lois gouvernant la matière. Fort bien : de l'existence de ces lois, il faut aussi rendre compte. La constatation du fait ne suffit pas. Quand on a tout expliqué par les lois de la nature, on n'a pas expliqué ces lois-mêmes, et donc : on n'a pas expliqué grand chose...

 

"La complexité ne surgit qu'après des milliards d'années et pas avant, c'est tout simplement et fort logiquement parce que l'évolution n'est aidée par personne et procède à l'aveugle." Si l'univers était incréé, et si l'évolution n'était dirigée par personne, il serait simple et fort logique que la complexité soit telle qu'elle est aujourd'hui depuis une éternité. Mais le problème ne réside pas tant dans la "complexité" que dans la "nouveauté". Que 1+1=2, quoi de plus normal? Que 1+1=>3, voilà ce que nous constatons et qui pose singulièrement question. Or, ne vous en déplaise cher Loïc, Einstein n'est pas seulement un être plus complexe qu'une pierre. Il est un être radicalement autre, nouveau - par rapport à la pierre -, doté de caractéristiques dont la pierre est dépourvue - qu'aucun des constituants atomiques ni le vide composant la matière ne possèdent en eux-même, à savoir : la vie, la conscience, la sensibilité et l'intelligence, la liberté et la capacité d'aimer. Cela, un auteur comme Diderot l'avait bien vu.

 

"vous semblez croire que la 'nature aveugle' ne peut rien produire. Toute notre science montre le contraire!" Cf. mon exemple du spectacle de marionnettes. J'OBSERVE que des poupées en cire se meuvent et parlent toutes seules ; J'EN CONCLUS que les poupées en cire se meuvent et parlent toutes seules. Il est vraiment... fascinant que vous vous satisfaisiez de ce type de raisonnement.

 

"Que du chaos (...) surgit l'ordre (...) je trouve ça personnellement beaucoup plus beau et impressionnant que l'idée d'un grand architecte". Oui, mais la question n'est pas de savoir si c'est "beau" ou "impressionnant" - la question est de savoir si c'est "vrai".

 

"En fait, pour moi, (...) il n'y a ni bien ni mal dans le lion tuant la gazelle, pas plus que dans l'homme tuant son semblable"... Ben oui, c'est vrai quoi. Tuer un homme, c'est comme casser un caillou : cela revient à disperser des atomes et du vide dans la nature. "Rien de plus". Voyez-vous Loïc : ici encore, l'absurdité du propos me paraît sa meilleure réfutation. 

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 00:00

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 19:23

Noël approche, et peut-être pensez-vous déjà aux cadeaux que vous allez faire à ceux que vous aimez. Eh bien n'hésitez plus! Un très beau libre vient de paraître : "L’homme peut connaître Dieu". Il donne les bases de philosophie, de théologie, d’histoire etc. pour répondre aux objections des incroyants et pour étayer la foi des catholiques. Un ouvrage à découvrir et faire connaître! Son originalité est qu’il est simple d’accès et qu’il ne s’arrête pas à l’apologétique philosophique classique, il aborde des éléments de théologie, d’histoire et réfute les objections-slogans qu’on entend partout.

 

Le public visé? Le plus large! L'opus est à la portée de tous, à partir du lycée ; on y trouvera de nombreux exemples, un vocabulaire simple, des chapitres courts faciles à comprendre. L’ouvrage ne reste pas dans la réflexion abstraite et théorique (par exemple, évocation d’apparitions mariales, de saint Padre Pio, etc.)

 

L’auteur? Jean Dollié, professeur de lettres, agrégé de l’Université, ancien élève de Jean Daujat au Centre d’Études Religieuses (une référence!).

 

Plus d’info? Vous trouverez la table des matières, des articles, des vidéos intéressantes sur le site : editionssaintmaximilienkolbe.blogspot.frLe livre se commande uniquement sur ce blog ou par correspondance chez l’éditeur.

 

Et pour vous donner l'eau à la bouche , voici la quatrième de couverture : 

 

"Il est possible que Dieu existe, mais je ne peux pas en être sûr. De plus, les religions ont fait beaucoup de mal." Si vous pensez cela, ce livre vous surprendra.

 

"Je crois en Dieu parce que je suis né dans une famille catholique et que mes parents m’ont amené à la messe." Et si vos parents avaient été musulmans, seriez-vous musulman ? Pouvez-vous prouver que vous êtes dans la bonne religion ?

 

"Moi, je pense que la religion est dépassée et qu’on peut expliquer le monde un peu plus scientifiquement au XXIe siècle. D’ailleurs, Kant, Freud, Sartre n’ont-ils pas montré définitivement que Dieu n’existe pas ?" Si vous croyez cela, ce livre est pour vous. 

 

"Je prie de temps en temps, mais j’ai pas mal de doutes, car Dieu, on ne le voit jamais, et puis, s’il est si bon, pourquoi tant de souffrances ?" "Je suis chrétien convaincu, mais je me pose des questions. L’enfer et le diable existent-ils vraiment ? Les miracles ne sont-ils pas de l’autosuggestion ? Pourquoi fallait-il que Jésus meure sur la croix ?" Si vous vous posez ces questions, ce livre vous répondra.

 

Des questions, vous vous en posez beaucoup. En 31 courts chapitres, vous trouverez des réponses simples, claires, dans un langage à la portée de tous. Le propos, illustré par de nombreux exemples pris dans la vie courante, n’est jamais ennuyeux. L’auteur réussit le tour de force de donner les bases indispensables en philosophie et en théologie. Un ouvrage de référence, pour tous, adolescents, étudiants, adultes, parents et grands-parents. Un excellent point de départ pour une étude en petits groupes.

 

Issu d’un milieu athée ou bien, au contraire, imprégné de christianisme, vous souhaitez obtenir des motifs crédibles et rationnels de croire en Dieu. Vos questions seront nos chapitres : Est-il raisonnable de croire en Dieu alors qu’on ne l’a jamais vu ? La science ne montre-t-elle pas la fausseté de toutes les religions ? L’évolution de l’homme ne prouve-t-elle pas que l’homme n’est pas créé par Dieu ? N’a-t-on pas raison de dire que l’Église s’est méfiée de la science ? Être adulte, n’est-ce pas penser par soi-même ? L’homme a-t-il une âme ? Puisque nos sens peuvent nous tromper, comment peut-on affirmer qu’il y a une vérité ? Le mieux n’est-il pas de faire ce qui nous plaît ? L’Église n’impose-t-elle pas sa vérité ? Comment être encore croyant après Kant, Rousseau, Marx, Freud ou Sartre ? Le diable, les anges, le purgatoire, les miracles existent-ils vraiment ? Qui peut savoir ce qu’il y a après la mort ? Etc.

 

Le présent ouvrage n’est pas un catéchisme : le but n’est pas d’asséner des vérités toutes faites en s’appuyant sur des textes sacrés qui font autorité. Non, la réflexion s’inscrit dans une démarche rationnelle propre à intéresser croyants ou incroyants et le livre propose un cheminement logique.

 

L’auteur : Jean Dollié, ancien élève du Centre d’Études Religieuses, est agrégé de l’Université. Depuis 20 ans, il enseigne les lettres dans le secondaire et l’enseignement supérieur.

 

Dans l'attente de vos commentaires quand vous l'aurez lu! 

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 12:30

Retour sur l'intense disputatio avec Loïc, en commentaire de l'article "Ceux qui disent que le problème ne se pose pas". Compte tenu de la richesse de cet échange, et parce qu'il nous permet d'entrer dans le fond de la pensée de Claude Tresmontant, nous le reproduisons ici en une série d'articles qui nous permettra d'isoler les thématiques et de les approfondir au besoin.

 

Commentaire n°5 (2e partie) :

 

"5. [...] Nous avons donc bien été tirés du néant (ex-nihilo), mais pas PAR le néant (per-nihilo) : par quelqu'un de bien réel, un Être existant, à qui nous devons la vie. [...]"

 >> Sauf que nous n’avons aucune preuve de ce "quelqu’un de bien réel", autre que votre intime conviction et que rien, dans la science positive, ne suggère son existence. Au contraire, à chaque fois que la science progresse, Dieu recule, au point que les croyants tentent soit de déformer les découvertes scientifiques pour y plaquer leurs préjugés théologiques, soit d’exploiter les apories scientifiques (derniers bastions de notre temps : l’origine de l’univers et la conscience humaine) pour les combler avec Dieu – n’expliquant rien et inexpliqué lui-même.

 

"6. [...] Le lien entre ces deux temps sera établi lorsque l'on se sera assuré de l'authenticité de la Révélation divine faite à Israël et accomplie dans le Christ - ce qui relève encore, en droit, de la raison. La démonstration philosophique de l'authenticité de la Révélation a été admirablement apportée par Claude Tresmontant dans son maître-ouvrage que je vous ai recommandé : "Le problème de la Révélation". 

 >> Vous voyez, mon problème, c’est ça : Tresmontant vous a convaincu, vous, mais il n’a pas convaincu d’autres chrétiens, sans parler des musulmans, des juifs, des bouddhistes, etc., qui ont tous la même certitude que vous à propos de leurs religions respectives, qui disposent eux aussi de leurs auteurs de référence… La différence avec la science apparaît ici flagrante : que vous soyez chrétien, musulman, juif, bouddhiste, etc., l’eau bout toujours à 100°C (dans des conditions de pression habituelles) et chacun peut le vérifier expérimentalement.

 

"7. [...] On ne peut donc réduire le message de ce livre en disant : "Tresmontant prouve l'authenticité de la Révélation divine par le Christ"!

 >> Ce n’est pas ce que j’ai dit. J’ai simplement dit que dans cet ouvrage, Tresmontant faisait du Christ une preuve "objective" de l’authenticité de la révélation biblique, ce qui me paraît rigoureusement exact. Maintenant, oui Tresmontant traite d’Israël et du prophétisme, en tentant maladroitement d’asseoir la réalité de l’inspiration divine dans la contradiction entre l’esprit prophétique et les circonstances de son temps : je le répète, pas convaincant pour un sou. A ce compte-là, j’en connais un paquet, d’inspirés par Dieu !

 

"8. [...] Il me semble qu'il y a entre les deux propositions un fossé que franchit allègrement Hawking, pour qui rien ne semble exister en dehors de la science - ce qui est un présupposé... métaphysique.

 >> Ne déformez pas les propos de Hawking : il ne dit pas que l’univers n’a pas de cause, mais que la théorie d’un univers sans cause est scientifiquement pensable. Par ailleurs, le fossé que vous percevez n’existe pas, sauf à considérer que les énoncés métaphysiques peuvent non seulement contredire mais qui plus est surpasser, en termes de vérité, les énoncés scientifiques. Or c’est un non-sens, parce qu’il s’agit de deux registres différents. Enfin, je ne crois pas, pour avoir lu plusieurs de ses ouvrages, que Hawking pense que rien n’existe en dehors de la science, en revanche, il est clair qu’il tient la science pour la seule méthode capable de répondre aux questions d’ordre empirique de manière convaincante. La question de l’origine de l’univers étant une de ces questions, aussi épineuse soit-elle.

 

"9. Pourquoi le Dieu chrétien et pas celui des musulmans ou des gnostiques? Réponse : http://www.totus-tuus.fr/article-17769467.html.

 >> Et les gnostiques ?! Je vous charrie, mais la force de mon objection repose sur le constat de la diversité des religions et leur caractère local (dans le temps et l’espace). Après tout, le christianisme n’a que 2000 ans et concerne aujourd'hui 2 milliards d'individus, tandis que l’humanité a plus de 100 000 ans et compte aujourd'hui plus de 7 milliards d'individus…

 

 

Réponse :

 

"Sauf que nous n'avons aucune preuve de ce "quelqu'un de bien réel", autre que votre intime conviction et que rien, dans la science positive, ne suggère son existence." Rien non plus dans l'histoire de la peinture ne suggère l'existence de Mozart. Pour voir Dieu, il faut mettre les bonnes lunettes! 

 

"Au contraire, à chaque fois que la science progresse, Dieu recule." C'est ce qu'on entendait au 19e siècle à l'époque du scientisme triomphant. Mais l'histoire a montré le contraire.

 

"Tresmontant vous a convaincu, vous, mais il n'a pas convaincu d'autres chrétiens, sans parler des musulmans, des juifs, des bouddhistes, etc." Quand Claude Tresmontant établit l'authenticité de la Révélation à Israël, il convainc les chrétiens, les musulmans et les juifs - puisque chrétiens, musulmans et juifs croient ensemble que l'unique vrai Dieu s'est manifesté à Israël. Il reste donc dans votre liste les "bouddhistes" et les "etc." Mais parmi ces derniers, qui connaît vraiment la pensée de Claude Tresmontant? (et parmi ceux qui la connaissent, qui l'a réfuté avec succès?) Le grand problème que nous rencontrons depuis des siècles est celui de la méconnaissance de la pensée chrétienne orthodoxe - et de ses grands auteurs. Méconnaissance que l'auteur de ce blog voudrait bien contribuer à faire reculer, avec les humbles moyens qui sont les siens.

 

"La différence avec la science apparaît ici flagrante : que vous soyez chrétien, musulman, juif, bouddhiste, etc... l'eau bout toujours à 100°C (...) et chacun peut le vérifier expérimentalement." Cela ne prouve pas qu'il n'est de connaissance certaine que scientifique (comment ferez-vous la différence au microscope entre les larmes d'une veuve et celles d'une ménagère en train de peler ses oignons?). Ni que les vérités métaphysiques ou religieuses ne soient pas vérifiables expérimentalement - de cette expérience commune que tout un chacun peut faire dans sa vie personnelle et objectiver dans sa rencontre avec les autres.

 

"Tresmontant traite d'Israël et du prophétisme, en tentant maladroitement d'asseoir la réalité de l'inspiration divine dans la contradiction entre l'esprit prophétique et les circonstances de son temps : je le répète, pas convaincant pour un sou. A ce compte-là, j'en connaîs un paquet, d'inspirés par Dieu!" Si c'est tout ce que vous retenez du livre "Le problème de la Révélation", cela en dit long sur votre esprit scientifique... 

 

"le fossé que vous percevez n'existe pas, sauf à considérer que les énoncés métaphysiques peuvent non seulement contredire mais qui plus est surpasser, en termes de vérité, les énoncés scientifiques. Or, c'est un non-sens, parce qu'il s'agit de deux registres différents." Registres différents oui, mais nullement séparés par une cloison étanche! Les énoncés d'une saine métaphysique ne peuvent certes pas CONTREDIRE les vérités scientifiques - nous sommes bien d'accord sur ce point ; mais qu'ils les SURPASSENT "en termes de vérité", voilà qui tient précisément à leur nature méta-physique (littéralement : qui surpasse la physique). La science elle-même repose tout entière sur des prémisses métaphysiques qui en fondent la valeur, jugent la vérité, fixent les limites, éclairent la nature et définissent les méthodes (lire Meyerson à ce sujet). Les vérités métaphysiques sont donc PLUS FONDAMENTALES que les vérités scientifiques - elles sont premières, puisqu'elles fondent et justifient les secondes - et leur certitude est supérieure. Il est illusoire dès lors de vouloir opposer la science et la métaphysique. Car aucune vérité scientifique ne pourra jamais contredire aucune vérité métaphysique - ni l'inverse. En revanche, la raison humaine devra s'efforcer d'accorder les vérités scientifiques et les vérités métaphysiques dans l'unité d'une synthèse - car la vérité ne peut être CONTRADICTOIRE.

 

"Hawking (...) tient la science pour la seule méthode capable de répondre aux questions d'ordre empirique de manière convaincante. La question de l'origine de l'univers étant l'une de ces questions, aussi épineuse soit-elle." Oui, mais elle est aussi et PLUS FONDAMENTALEMENT une question ontologique. Tresmontant tient la métaphysique pour la seule méthode capable de répondre aux questions d'ordre ontologique de manière convaincante. La question de l'univers étant l'une de ces questions, aussi épineuse soit-elle.

 

"La force de mon objection repose sur le constat de la diversité des religions et leur caractère local (dans le temps et l'espace)."

> sur la diversité des religions : en fait, elle n'est pas si grande que cela. Ainsi que Tresmontant l'a entrepris pour les métaphysiques, on pourrait regrouper les religions en quelques grands types seulement. On pourrait considérer : les religions qui voient Dieu incréé comme distinct de l'Univers créé ; celles qui identifient l'Univers avec le Divin incréé ; et puis peut-être une rubrique "divers" pour classer toutes les religions exotiques qui concernent très peu de monde ou qui ont disparu. Il me semble que le chercheur de vérité, en solide rationaliste, pourra écarter aisément cette 3e catégorie en raison de son caractère fantaisiste. Ne resterait alors que les deux premières : celle qui voit Dieu comme une être personnel - et dont la "trame" est de nature historique ; et celle qui voit Dieu comme une "énergie impersonnelle" de laquelle émaneraient tous les êtres de notre expérience - et dont la "trame" est de nature mythique. Cette seconde catégorie de religions me paraît également facile à écarter, car les mythes ne satisfont pas la raison et conduisent à une vision du monde INCOMPATIBLE avec celle que nous dévoilent les sciences et la métaphysique la plus universelle (par ex. le mythe de l'éternel retour, la théogonie...). Or, nous avons vu que la vérité ne peut être contradictoire. Ne reste donc que la première catégorie, qui résiste à toute critique et qui s'harmonise remarquablement avec toutes les découvertes scientifiques (spécialement de ces dernières années) : celle qui engobe les religions issues du monothéisme hébreu, à savoir : le judaïsme, le christianisme et l'islam.

> Sur le caractère local des religions :

>> dans le temps : les religions existent depuis que l'homme existe. Elle est donc un phénomène typiquement humain, qui correspond à un certain degré de l'évolution. Pour qu'un être croit, il faut qu'il possède la faculté de connaissance intellectuelle. Cette faculté apparaît avec l'homme.

>> dans l'espace : cette limite n'atteint pas le christianisme, présent sous toutes les latitudes. Il n'est pas de religion plus universelle que le christianisme. Or, si Vérité il y a, il y a de grandes chances qu'elle soit universelle (et non pas réservée à quelques initiés dans quelque secte réunie en Congrès dans quelque cabine téléphonique) - car elle est la même pour tous les hommes. Elle doit donc s'adapter facilement à toutes les cultures particulières.

 

"Après tout, le christianisme n'a que 2000 ans et concerne aujourd'hui 2 milliards d'individus, tandis que l'humanité a plus de 100.000 ans et compte aujourd'hui plus de 7 milliards d'individus".

> Le Big Bang, lui, a moins d'un siècle. Et après? Qu'est-ce que cela prouve? Que ce n'est pas vrai? La vérité est un chemin qui se découvre en marchant.

 > Ma voisine de pallier ignore l'existence du Boson de Higgs. Et après? Qu'est-ce que cela prouve? Qu'il n'existe pas? Ce n'est pas parce qu'une vérité est méconnue qu'elle n'est pas vérité.

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 20:53

Retour sur l'intense disputatio avec Loïc, en commentaire de l'article "Ceux qui disent que le problème ne se pose pas". Compte tenu de la richesse de cet échange, et parce qu'il nous permet d'entrer dans le fond de la pensée de Claude Tresmontant, nous le reproduisons ici en une série d'articles qui nous permettra d'isoler les thématiques et de les approfondir au besoin.

 

Commentaire n°5 (1ère partie) :

 

"1. Nous ignorons ce qu'il y a DERRIERE le mur de Planck, mais nous savons ce qu'il y a DEVANT. Cela suffit pour fonder une analyse rationnelle consistante et solide du donné de notre expérience."

 >> Du donné de notre expérience, oui : c’est tout l’objet de la science. De ce qui fonde cette expérience, non, sauf à sortir de nous-mêmes à la manière des acrobaties burlesques du baron de Münchhausen : c’est toute la prétention des métaphysiciens, qui rivalisent d’ingéniosité sophistique pour impressionner le quidam. Les pirouettes de Tresmontant ont votre préférence, pour d’autres ce seront celles du légendaire Lao Tseu ou du vieil Heidegger. Quant à moi, j’opte pour Jarry et sa pataphysique : au moins on se marre.

 

"2. [...] Si la théologie ne peut rien apporter à la science, la science, elle, apporte ses découvertes à la théologie qui s'en nourrit et les intègre dans sa réflexion - au nom de l'unité de la vérité."

>> Je sais que la mode est à « l’unité », comme vous dites, mais en toute rigueur, la science et la théologie traitent de deux mondes différents : empirique pour la première, métaphysique pour la seconde. Dès lors, tout rapprochement est illégitime. Voir dans le Big Bang la version scientifique du Fiat Lux biblique, c’est du même ordre que de voir la colère divine derrière un orage ou une éruption volcanique : poétique ou ridicule, mais sans rapport avec la vérité (sauf à admettre que Dieu déteste les grands arbres et avait une dent contre les Romains à Pompéi en l’an 79 ; tout est possible, je suppose). Par ailleurs, vous avez le sens de l’humour en parlant de l’accueil réservé à la science par la théologie : Galilée n’aurait certainement pas été du même avis, ni Darwin, dont la théorie n’est d’ailleurs toujours pas pleinement reconnue par l’Eglise.

 

"3. Si l'univers est le seul être, il ne peut pas changer. Pourquoi? Parce que s'il est seul, il a en lui tout ce qu'il faut - il est l'être absolu : TOUT est en lui, et RIEN n'est en dehors de lui. - S'il a tout ce qu'il faut, il ne peut se donner plus que ce qu'il a - puisqu'il a TOUT. Il ne peut donc pas croître et s'enrichir - comme l'on voit l'univers croître et s'enrichir au fil de son histoire. [...]."

 >> Merci pour cette magnifique réponse, que je vous invite à appliquer à votre Dieu. Vous comprendrez alors 1) Que Dieu, loin de résoudre le problème, ne fait que le compliquer un peu plus (si Dieu est le seul être, il ne peut pas changer et ne peut pas donner plus que ce qu’il a, puisqu’il est tout ; or l’univers existe, par conséquent, on peut se demander ce qui a changé pour que Dieu se mette à créer quelque chose et comment il a créé ce quelque chose de radicalement nouveau et d’autre que lui-même) et 2) que votre manière d’aborder la question relève (encore) d’une confusion des registres : la question de l’origine de l’univers regarde la science, pas la théologie. Cette dernière peut néanmoins affirmer tout ce qu’elle veut, dans la mesure où rien de ce qu’elle affirme n’est démontré ni démontrable. En désespoir de cause, elle s’accrochera aux branches de la science positive.

 

"4. [...] Je crois en ce que me dit la science et ne veux rien ajouter à la matière telle qu'elle me la décrit - ni intelligence immanente, ni puissance créatrice. De même que lorsque l'enfant parvenu à l'âge de raison finit par rejeter le Père Noël lorsqu'il découvre qu'en réalité, c'est son père qui a disposé les cadeaux dans la cheminée ; de même, je rejette la conception mythique d'un univers aux pouvoirs magiques lorsque ma raison découvre qu'en réalité, c'est Dieu mon Père qui a disposé tous ces trésors que j'observe dans la Nature - et à l'intérieur de moi-même."

 >> J’ignore votre niveau de culture scientifique, mais les phénomènes naturels (expression que je préfère à celle, absolutiste, de ‘Nature’, renvoyant à quelque chose qui n’existe pas) ne sont pas ce que vous en dites : la science met au jour des processus d’auto-organisation (de la percolation à la formation des étoiles) qui expliquent très bien ce qu’elle observe, sans qu’il soit besoin d’un Père Noël divin. En outre, une nouvelle fois, vous mêlez les registres : la science ne saurait en aucun cas invoquer Dieu comme explication des phénomènes. Contrairement à ce que vous prétendez, vous ajoutez donc bel et bien quelque chose à ce qu'elle décrit, mais quelque chose d'inutile.

 

 

Réponse :

 

1. "la science et la théologie traitent de deux mondes différents : empirique pour la première, métaphysique pour la seconde. Dès lors, tout rapprochement est illégitime." Non. Science et théologie traitent du même monde, mais chacun selon son point de vue particulier et sa méthode propre : la science par l'observation des corps matériels et des phénomènes (leur mesure et leur expérience) ; la théologie, à la lumière de la Parole de Dieu - révélée dans la Bible et la Tradition de l'Eglise. La théologie à proprement parler ne fait pas de métaphysique - même si elle la présuppose (comme la connaissance métaphysique présuppose la connaissance scientifique) : la métaphysique est la tierce discipline qui fait le pont entre la science et la théologie - puisqu'à partir de la considération du donné objectif scientifiquement exploré, elle parvient à démontrer avec certitude l'existence de Dieu et l'authenticité de la Révélation divine à Israël.

 

2. "vous avez le sens de l'humour en parlant de l'accueil réservé à la science par la théologie : Galilée n'aurait certainement pas été du même avis, ni Darwin, dont la théorie n'est d'ailleurs toujours pas pleinement reconnue par l'Eglise." Ni par le monde scientifique, d'ailleurs... Concernant l'affaire Galilée, il est vrai que des théologiens se sont fourvoyés en croyant discerner dans l'Ecriture Sainte un enseignement scientifique. L'Eglise a finalement condamné ces théologiens et réhabilité Galilée. Cf. La réhabilitation de Galilée. Je parle donc de cette théologie catholique consciente de ses limites et de la légitime autonomie des autres disciplines de la connaissance humaine que sont les sciences positives et la métaphysique.

 

3. Si l'univers est le seul être, il ne peut changer car il ne peut se donner à lui-même ce qu'il a déjà. Pour changer, il faudrait qu'il se donne à lui-même ce qu'il n'avait pas au départ - bref, il faudrait admettre que du néant, il créé quelque chose, ce qui est impossible, sauf... à considérer que l'univers est divin et doté d'un pouvoir créateur tout-puissant et souverainement intelligent (infiniment plus que l'homme lui-même qui n'a pas dessiné les plans de fabrication de son propre cerveau...). Si en bon rationaliste l'on refuse de diviniser l'Univers (et de fourrer en lui des propriétés occultes que le savant n'observe pas), il faut reconnaître, au nom de la raison - compte tenu de ce que nous savons de la genèse de l'univers -, que les attributs de la divinité existent nécessairement, mais en dehors de lui : éternité, infinité, toute-puissance créatrice, intelligence, conscience, vie... ; donc : qu'il n'est pas le seul être.

 

> Si l'univers s'auto-créé, il se donne PLUS à lui-même que ce qu'il était au départ. C'est de la théogonie et c'est irrationnel car c'est supposer que l'Être absolu puisse s'enrichir d'un surcroît d'être, de lui-même.

> Si Dieu créé le monde, il ne change rien en son être : il ne devient pas PLUS qu'il n'était à l'origine. La plénitude est en lui depuis toujours et ce qu'il créé ne lui apporte aucun surcroît d'être.

=> Il y a donc une différence capitale entre une auto-création où l'Absolu (ici : l'Univers présupposé seul) s'engendrerait de lui-même à partir de rien et une création du monde par l'Absolu qui a tout d'emblée en lui-même pour créer.

La création n'est une idée rationnelle que si elle postule un Absolu de l'Être au départ à qui il ne manque rien. Si la raison humaine peut penser une création de rien par un Absolu (Dieu) qui a tout en lui pour créer, elle ne peut penser un Absolu (l'Univers) s'auto-générant à partir de rien et se donnant à lui-même progressivement ce qu'il n'a pas au départ.

 

Maintenant, votre objection manifeste l'une des plus grandes difficultés de la philosophie : comment comprendre qu'un Dieu éternel créé le temps - qui suppose un commencement, un développement et une fin? Comment concevoir qu'un Dieu éternel ne créé pas... éternellement? J'ai simplement ici envie de vous citer Claude Tresmontant : "L'idée de création est peut-être l'idée la plus difficile à penser pour nous, qui ne sommes pas créateurs d'être, et qui par conséquent ne disposons pas d'analogie pour penser l'idée de création, mais c'est aussi une idée inévitable et qui s'impose par le fait qu'il existe des êtres dans l'Univers, que ces êtres ont commencé d'exister, que leur existence est pour eux quelque chose de reçu, de subi passivement pour commencer, quelque chose comme un don que l'on reçoit. Ici, c'est l'être même qui est reçu, en même temps que l'essence ou la nature." (cf. Sciences de l'univers et problèmes métaphysiques, Seuil 1976, pp. 128-129.) Autrement dit : si l'on part de l'éternité de Dieu, on ne comprend pas qu'il puisse créer le temps (là, notre esprit défaille...). Mais si l'on part du temps de l'Univers, on conçoit facilement qu'il s'origine dans l'éternel - qu'il n'est pas lui-même et qui est donc nécessairement en un autre. Cela montre combien on ne raisonne correctement qu'a posteriori, à partir de la réalité observée, par induction et non a priori, par déduction, à partir des idées ou des concepts que l'on se forge. C'est le réel exploré par les sciences qui fixe le champ des possibles. 

 

"la question de l'origine de l'univers regarde la science, pas la théologie." Quelle étrange pétition de principe! La question de l'origine de l'univers est LA question fondamentale qui interroge tous les degrés de la connaissance humaine. C'est donc à la fois une question scientifique, métaphysique et théologique. Chaque discipline a son mot à dire. "Cette dernière peut néanmoins affirmer tout ce qu'elle veut dans la mesure où rien de ce qu'elle affirme n'est démontré ni démontrable." Ce n'est pas complètement faux. La vérité de la Parole de Dieu n'est pas vérifiable sur tous points - c'est pourquoi on ne peut y avoir accès que par la foi. Mais l'existence de Dieu (1) et le fait que Dieu a parlé (2) sont démontrables et vérifiables : j'ai donc de bonnes raisons de croire en la Parole de Dieu et de tenir pour vrai son contenu. Je pourrai aussi vérifier, sur certains aspects me concernant, la vérité de la Parole de Dieu en la mettant en pratique : je goûterai alors une joie que le monde ne peut pas donner. Cela encore est de l'expérience - expérience subjective et personnelle certes, mais qui s'objectivera dans la confrontation avec d'autres expériences similaires vécues par des hommes et des femmes d'horizons très divers, et avec la doctrine de l'Eglise qui rend compte sur le plan de l'intelligence de ces expériences vécues.

 

4. "La science met au jour des processus d'auto-organisation (...) sans qu'il soit besoin d'un Père Noël divin". Mais la science ne se prononce pas sur la CAUSE ONTOLOGIQUE de ce processus d'auto-organisation : l'univers seul, ou Dieu? Cette question relève de la métaphysique. Elle doit être abordée sur le terrain métaphysique - elle ne peut être traitée que là. "Vous mêlez les registres : la science ne saurait en aucun cas invoquer Dieu comme explication des phénomènes." Je suis tout-à-fait d'accord. Ce qui ne signifie pas que Dieu n'existe pas, mais que la question de Dieu relève d'une autre discipline rationnelle : la métaphysique. "Contrairement à ce que vous prétendez, vous ajoutez donc bel et bien quelque chose à ce qu'elle décrit, mais quelque chose d'inutile". Oui, j'ajoute quelque chose de plus que ce que la science décrit, parce que la description de la science n'épuise pas la totalité du réel. Mais non, ce n'est pas quelque chose d'inutile parce que j'y suis conduit par le mouvement naturel de ma raison, et que cela m'évite de diviniser l'univers. Vous, vous ajoutez quelque chose de plus DANS la réalité observée - des propriétés occultes et magiques DANS la matière, que le savant n'aperçoit pas. On a l'impression en vous lisant que les atomes ont, en eux-mêmes, la vie, la conscience, l'intelligence... Le grand avantage de la doctrine de la Création, c'est qu'elle rend à la matière ce qui est à la matière, et à Dieu ce qui est à Dieu.

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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 13:45

Retour sur l'intense disputatio avec Loïc, en commentaire de l'article "Ceux qui disent que le problème ne se pose pas". Compte tenu de la richesse de cet échange, et parce qu'il nous permet d'entrer dans le fond de la pensée de Claude Tresmontant, nous le reproduisons ici en une série d'articles qui nous permettra d'isoler les thématiques et de les approfondir au besoin.

 

Commentaire n°4 :

 

"Vous pouvez dire : "l'univers est éternel" si cela vous chante, mais cette affirmation ne correspond à rien en science positive (...). Pourtant l'Être éternel existe nécessairement, car autrement, cela reviendrait à affirmer la primauté du néant ("au commencement était le néant"...) et la génération spontanée de l'être - qui ne correspond à rien non plus sur le plan scientifique. Donc, si l'on veut être rationnel (mais on peut décider de ne pas l'être...), il faut postuler l'existence nécessaire d'un Être éternel, lequel ne peut être l'univers. La conclusion vous déplaît, mais je n'y peux rien."

 >> 1) Je vous invite à vous pencher sérieusement sur les travaux d'astrophysique pour réaliser l'étendue de notre ignorance dans ce domaine, pour le seul univers observable. 2) Nous ignorons ce qu'il y a derrière le mur de Planck. 3) Vous confondez allégrement création au sens théologique et création au sens scientifique, alors que les deux concepts n'ont rien à voir l'un avec l'autre. Souvenir de Lemaître faisant la leçon à Pie XII sur ce point... 4) Même en oubliant mes trois premières objections, il reste une objection rationnelle toute bête : l'univers ne peut pas être l'être éternel selon votre conception de ce dernier, c'est-à-dire une conception essentiellement statique et fixiste. Pourquoi pas un "être éternel" dynamique et mouvant, comme un immense et éternel flux et reflux ?

 

"Je n'ai jamais dit que : "on" ne peut pas tirer quelque chose à partir du néant. Si "on" existe, ce n'est déjà plus le néant. Ce que je dis, c'est que : rien ne peut naître du néant absolu (où "on" n'existe pas - ou rien n'existe du tout, même pas Dieu). Si néant absolu il y a (c'est-à-dire : négation de tout être), jamais il ne pourra y avoir quelque l'être - car l'être ne peut jaillir spontanément du néant ; seul l'être peut rendre compte de l'être. Si Dieu existe, l'être du monde devient possible - car au commencement, il n'y a pas le néant, il y a l'Être."

  >> Ce petit jeu peut durer longtemps, vous savez : si le néant ne peut pas produire l'être, alors d'où vient Dieu ? Et si vous admettez que quelque chose peut exister de toute éternité sans antécédent causal, alors pourquoi ne pas prendre l'univers ? Parce que ça ne satisfait pas votre conception statique et fixiste de l'être premier ?

 

"Dieu ne créé pas à partir de sa propre substance - car si nous avions la substance divine, nous serions éternels, l'univers serait éternel. Dieu créé à partir de rien. Nous ne pouvons certes pas le comprendre a priori, mais simplement le constater a posteriori, en observant que l'univers n'a rien de divin. Nous voyons bien que l'être créé n'a pas la nature d'un Être incréé (éternel, infini, stable, immuable, inusable - sans genèse ni corruption) ; nous voyons bien qu'il n'est pas de la même substance que celle d'un Être incréé. La substance de l'être créé n'est pas celle de l'Être divin éternel et infini, mais celle d'un être qui a commencé d'être, et qui n'existait donc pas avant d'être. Avant d'être, il n'était rien ; il vient donc de rien - du néant, il est tiré. Mais comprenez bien cher Loïc qu'être créé DE rien ne signifie pas être créé PAR rien. Car si nous avons été tirés du néant, vous et moi, nous ne sommes pas le fruit du néant, mais de l'amour (à tout le moins celui de nos parents qui nous ont conçu)."

 >> Vous mélangez beaucoup de choses, ici. D'abord, au risque de vous déciller, tous les enfants n'ont pas nécessairement été désirés, bref, non, tous les enfants ne sont pas le "fruit de l'amour" et loin de là. Par ailleurs, je ne vois pas le rapport direct avec l'univers. Vous m'expliquez l'air de rien que Dieu crée à partir de rien, après avoir martelé que la création ex nihilo n'était pas possible. Ah mais j'oubliais, il s'agit de Dieu, tout-puissant par définition et donc capable de contrevenir aux règles élémentaires de la logique... sur laquelle vous vous appuyez pour affirmer son existence. Circularité, quand tu nous tiens. (Et vous y tenez !)

 

"lol. Où avez-vous lu sous ma plume que "Dieu existe parce que c'est écrit dans la Bible"???"

 >> Vous ferais-je l'affront de vous citer ? "Or, dans la révélation biblique, nous avons des réponses à cette question du Dessein créateur de Dieu" écriviez-vous dans votre précédent commentaire : parler comme vous le faites de "révélation biblique" implique bel et bien de considérer la Bible comme une preuve de l'existence de Dieu. Toujours la circularité.

 

"M'est avis que vous avez très mal lu ce livre qui ne parle pas de Jésus de Nazareth!"

 >> Ah bon ? Dans ce bouquin, Tresmontant parle pourtant bien du Christ comme preuve "objective" (rien que ça) de l'authenticité de la révélation divine, j'ai dû mal comprendre...

 

"Et ça, ce n'est pas faire de la métaphysique?" 

 >> Absolument pas. C'est envisager scientifiquement un scénario possible de l'apparition de l'univers. C'était d'ailleurs à mon avis le seul objectif de Hawking dans cette histoire, en réponse aux interprétations théologiques foireuses qui pullulent depuis que la théorie du Big Bang a reçu ses lettres de noblesse : montrer que rien n'interdit, scientifiquement parlant, d'envisager l'univers tel que nous le connaissons aujourd'hui, comme acausal.

 

"Eh bien vous admettez que l'Être éternel existe nécessairement ; que l'être existant est nécessairement éternel. Cela ne vous pose aucune difficulté. La différence entre nous, c'est que vous considérez que cet être éternel est l'univers lui-même. Vous l'affirmez contre l'enseignement des sciences expérimentales. C'est votre droit. Vous avez le droit de croire en l'éternité de l'univers ; croire que demain, on découvrira l'éternité de l'univers. Mais c'est là un pur acte de foi - non le résultat d'un savoir scientifique. L'éternité de l'univers est une pure supposition qui ne repose sur rien de tangible en science positive. Rien de ce que nous savons aujourd'hui de l'univers n'accrédite la thèse de l'éternité - loin s'en faut. Les grandes découvertes du siècle passé nous éloignent même de plus en plus de l'hypothèse d'un univers éternel."

 >> En toute rigueur, ce que montre la "science positive", c'est que l'univers observable est le fruit d'une explosion qui s'est produite il y a plusieurs milliards d'années, point. Nous ignorons l'origine de cette explosion. Nous ignorons si elle constitue un quelconque "commencement" ou si elle marque simplement l'étape d'un cycle ou le résultat d'un choc entre deux branes, ou autre chose. Aussi je vous trouve bien affirmatif et surtout fort cavalier avec la "science positive".

 

"Pour autant, avons-nous dit, l'Être éternel existe nécessairement, car autrement, cela voudrait dire que l'être de l'univers a jailli spontanément du néant. Puisque l'être de l'univers n'est pas éternel et que l'Être éternel existe nécessairement, c'est donc que ce dernier est autre que l'univers. C'est cet être autre que l'univers qui existe nécessairement de toute éternité que nous nommons Dieu - mais si le mot vous gène, on peut en changer."

 >> Ce qui me gêne, c'est la légèreté avec laquelle vous sautez à des conclusions, en confondant joyeusement les registres : vous passez du Big Bang (qui est une théorie scientifique) à la création (qui est une théorie théologique) et de la création à l'existence nécessaire de Dieu (le chrétien, évidemment, mais pourquoi pas celui des musulmans ou des gnostiques ?).

 

"Non justement, et tout est là. Vous avez parfaitement raison de dire que l'univers ne peut produire "plus" que lui-même. C'est pourtant ce que nous observons. Quand le vivant par exemple apparaît, il n'existait pas auparavant. Il est apparu, on ne sait comment. Il est né... dans un monde de matière inerte. Mais comment donc la matière inerte a-t-elle pu faire jaillir de la matière vivante et pensante? C'est toute la question. OU BIEN c'est l'univers lui-même qui a créé les messages génétiques (qui sont des télégrammes géants contenant de l'information faisant sens et commandant à la construction des êtres vivants et pensants). Mais alors l'existence même du message fait problème. Comment la nature s'y prend elle pour écrire des messages? OU BIEN l'univers est le "support" où un message est écrit par une Pensée capable de le concevoir. J'ai la faiblesse de penser que c'est cette seconde option qui est la plus rationnelle - quoiqu'elle soit, j'en conviens, mystérieuse. Mais entre le mystère et l'absurde, je choisis pour ma part le mystère, car il est absurde que l'absurde soit."

 >> Trois remarques : 1) Il n'y a aucune différence de nature entre matière inerte et matière vivante. La seule différence se situe au niveau de la structure, de l'organisation. Et la science positive nous a donné une théorie empiriquement corroborée pour expliquer comment la matière vivante a émergé : l'évolution. 2) Vous oubliez (volontairement ?) deux facteurs de taille dans le processus évolutif ayant présidé à l'apparition des gènes : a) le temps. Les gènes n'ont pas surgi tout faits un beau matin, il a fallu quelques milliards d'années. Pourquoi une telle durée si Dieu est derrière tout ça ? et b) l'aléatoire. Si vous avez le coeur bien accroché, je vous suggère d'explorer les annales médicales pour découvrir les innombrables anomalies génétiques dont peut souffrir un être humain (pour nous en tenir à notre seule espèce). Là non plus, ce n'est pas vraiment ce qu'on attendrait d'un Dieu à la fois intelligent et aimant. En revanche, c'est exactement ce qu'on peut espérer d'une nature aveugle. 3) "[...] car il est absurde que l'absurde soit" : conclusion sublime qui signe bien tout à la fois le narcissisme et le tragique humains. Moi aussi, Matthieu, j'aimerais beaucoup être un "enfant de Dieu" plutôt qu'une moisissure vertébrée sur une planète perdue dans les confins de l'univers, mais contrairement à vous, je ne fais pas de ce désir un roc rationnel pour édifier un château métaphysique. Je vous devine assez cultivé pour avoir lu d'autres auteurs que Tresmontant : Schopenhauer, Nietzsche, Freud, par exemple, tous trois ayant bien fait le tour des illusions que nous pouvons nous jouer à nous-mêmes.

 

Réponse :

 

1. Nous ignorons ce qu'il y a DERRIERE le mur de Planck, mais nous savons ce qu'il y DEVANT. Cela suffit pour fonder une analyse rationnelle consistante et solide du donné de notre expérience.

 

2. George Lemaître a eu raison de mettre Pie XII en garde contre une assimilation trop rapide du Big Bang au Fiat Lux du livre de la Genèse (car la Création ne commence peut-être pas avec le Big Bang). Mais il n'était pas métaphysicien, et c'est à tort qu'il invitait le pape à dissocier la science et la foi. Car le Dieu en lequel croient les chrétiens est Celui-là même qui a fait le ciel et la terre - le ciel et la terre mêmes qu'observent les savants. S'il convient de bannir le concordisme (= la théologie imposant à la science ce qu'elle doit dire), il est légitime, du point de vue de la foi, de se réjouir qu'il existe de fait une cohérence admirable entre ce que nous enseigne la Révélation de l'Acte créateur de Dieu, et ce que l'on observe dans la nature (= la théologie accueillant les découvertes de la science).

 

Si la théologie ne peut rien apporter à la science, la science, elle, apporte ses découvertes à la théologie qui s'en nourrit et les intègre dans sa réflexion - au nom de l'unité de la vérité.

 

3. Si l'univers est le seul être, il ne peut pas changer. Pourquoi? Parce que s'il est seul, il a en lui tout ce qu'il faut - il est l'être absolu : TOUT est en lui, et RIEN n'est en dehors de lui.

 

- S'il a tout ce qu'il faut, il ne peut se donner plus que ce qu'il a - puisqu'il a TOUT. Il ne peut donc croître ni s'enrichir - comme l'on voit l'univers croître et s'enrichir au fil de son histoire.

 

- S'il n'a pas tout, il ne peut se donner ce qu'il lui manque, puisqu'il est le seul être : où trouverait-il en effet ce qu'il lui manque, puisqu'en dehors de lui, il n'y a RIEN?

 

Conclusion : si l'Univers change, si son être s'enrichit avec le temps et croît en information, c'est qu'il reçoit son être d'un autre que lui. Il n'est donc pas le seul être.

 

En admettant maintenant que l'être de l'univers soit "un immense et éternel flux et reflux" - ce que la science n'envisage nullement (dans un univers gouverné par l'entropie et dans lequel la réversibilité n'est nulle part constatée) - la question de l'origine de son être se pose dans les mêmes termes que dans le cas d'un univers unique évoluant de manière irréversible (sauf que le problème est multiplié...), à cause du raisonnement que je viens d'exposer plus haut. Si l'univers est éternel, il faut rendre compte rationnellement du dynamisme qui le meut et par lequel il advient progressivement, de manière cyclique, ce qu'il n'était pas au départ - dynamisme créateur et intelligent puisqu'aboutissant à cette merveille de complexité qu'est le cerveau humain.

 

4. "si le néant ne peut pas produire l'être, alors d'où vient Dieu?" Dieu ne "vient" pas de quelque part. Dieu EST. Il est l'Être - la Consistance infinie et éternelle - à la racine de tout être - car à la racine de tout être, il y a l'Être, non pas le néant.

 

"Et si vous admettez que quelque chose peut exister de toute éternité sans antécédent causal, alors pourquoi ne pas prendre l'univers? Parce que ça ne satisfait pas votre conception statique et fixiste de l'être premier?" Parce que je ne veux pas diviniser la matière, et lui accorder plus que ce que les sciences positives en observent (un pouvoir créateur occulte, une intelligence ordonnatrice productrice de lois). Je ne veux pas revenir à une conception préscientifique de la nature et de nos origines. Je ne suis plus un enfant ; je ne crois plus aux contes de fées. Je crois en ce que me dit la science et ne veux rien ajouter à la matière telle qu'elle me la décrit - ni intelligence immanente, ni puissance créatrice. De même que lorsque l'enfant parvenu à l'âge de raison finit par rejeter le Père Noël lorsqu'il découvre qu'en réalité, c'est son père qui a disposé les cadeaux dans la cheminée ; de même, je rejette la conception mythique d'un univers aux pouvoirs magiques lorsque ma raison découvre qu'en réalité, c'est Dieu mon Père qui a disposé tous ces trésors que j'observe dans la Nature - et à l'intérieur de moi-même.

 

5. "Vous m'expliquez l'air de rien que Dieu créé à partir de rien, après avoir martelé que la création ex nihilo n'était pas possible". Je n'ai rien "martelé" de tel.  Ce que je dis, c'est que le Néant, le Néant ABSOLU (qui est la négation de TOUT être - y compris l'être de Dieu) ne peut pas être à l'origine de l'être de l'univers. C'est impossible et irrationnel. Mais avant qu'apparaisse l'univers, celui-ci n'existait pas - comme vous et moi n'existions pas avant d'être conçus dans le sein de nos mamans. Nous avons donc bien été tirés DU néant (ex-nihilo) - puisque nous n'avons pas toujours existé - mais non pas PAR le néant (per-nihilo) : par quelqu'un de bien réel, un Être existant nécessairement, à qui nous devons la vie - et qui ne s'identifie nullement à l'Univers puisqu'il existait déjà lorsque l'Univers, lui, n'existait pas encore. Il n'y a là, comme vous le voyez, aucune contravention "aux règles élémentaires de la logique".

 

6. "parler comme vous le faites de "révélation biblique" implique bel et bien de considérer la Bible comme une preuve de l'existence de Dieu." Pas du tout. Mon raisonnement se décompose en deux temps bien distincts.

 

1°) L'existence de Dieu est connaissable par la raison seule, sans l'aide de la Révélation.

Très bien, allez-vous me dire. Mais en affirmant cela, vous ne résolvez rien : vous épaississez au contraire le mystère en posant un Être dont on ne peut pas dire grand chose.

 

A cela je réponds dans un DEUXIEME TEMPS (présupposant donc admis le premier) :

2°) l'existence de Dieu étant connue par la raison seule, il est possible de pénétrer le mystère de cet Être premier que la raison découvre en écoutant ce que Lui-même nous dit de Lui dans sa Révélation.

 

Dans le premier temps donc, je connais par ma raison seule une EXISTENCE (celle d'un Être absolu distinct de l'Univers). Dans un second temps je reconnais par la foi une ESSENCE (l'identité profonde de cet Être - je peux lui donner un nom : je sais QUI il est) que Dieu me révèle et que je ne peux connaître qu'en croyant ce qu'il me dit.

 

Le lien entre ces deux temps sera établi lorsque l'on se sera assuré de l'authenticité de la Révélation divine faite à Israël et accomplie dans le Christ - ce qui relève encore, en droit, de la raison. La démonstration philosophique de l'authenticité de la Révélation a été admirablement apportée par Claude Tresmontant dans son maître-ouvrage que je vous ai recommandé : "Le problème de la Révélation".

 

7. "Dans ce bouquin, Tresmontant parle (...) bien du Christ comme preuve "objective" (...) de l'authenticité de la révélation divine". Outre que d'un point de vue apologétique, cela est fondamentalement pertinent (cf. "Hypothèses sur Jésus"), je vous assure qu'il n'est nullement question du Christ dans "Le problème de la Révélation" - qui traite du phénomène Israël et lui seul - sauf dans les trois dernières pages de conclusion, pour affirmer que Jésus-Christ est en sa personne l'accomplissement de cette révélation dont l'authenticité a été précemment et par ailleurs démontrée. On ne peut donc réduire le message de ce livre en disant : "Tresmontant prouve l'authenticité de la Révélation divine par le Christ"!

 

8. "le seul objectif de Hawking (...) : montrer que rien n'interdit, scientifiquement parlant, d'envisager l'univers (...) comme acausal". Cela, personne ne le conteste - surtout pas les croyants. L'univers n'a pas de cause scientifiquement repérable. Il n'a pas de cause, scientifiquement parlant. Est-ce à dire qu'il n'a pas de cause du tout, métaphysiquement parlant? Il me semble qu'il y a entre les deux propositions un fossé que franchit allègrement Hawking, pour qui rien ne semble exister en dehors de la science - ce qui est un présupposé... métaphysique.

 

9. Pourquoi le Dieu chrétien et pas celui des musulmans ou des gnostiques? Réponse : Comment savoir si Dieu existe et quelle est la vraie religion?


10. "Il n'y a aucune différence de nature entre matière inerte et matière vivante. La seule différence se situe au niveau de la structure, de l'organisation." C'est là ce qu'on appelle en philosophie une pétition de principe. Ce n'est en effet ni une vérité évidente (il n'est pas évident qu'il n'y ait pas de différence de nature entre une pierre et Einstein), ni une vérité démontrée (au contraire : on n'a jamais pu reconstituer en laboratoire le phénomène de la vie à partir de la matière inerte - ce qui montre que la vie reste un mystère qui nous échappe).

 

En vérité, avec la matière vivante, nous voyons surgir une nouveauté dans l'être : une réalité immatérielle, l'âme (ou psychisme). Tous les êtres vivants ont en commun de renouveler constamment et intégralement le stock de matière constituant leur corps physique - et cependant, il est un élément permanent qui transcende cette matière en renouvellement perpétuel : l'âme (ou psychisme), c'est-à-dire le principe organisateur de la matière. Il n'est donc pas légitime de chercher à réduire la réalité vivante à sa seule composition physique et chimique. "Ce qui est essentiellement du domaine de la vie et ce qui n'appartient ni à la chimie ni à la physique ni à rien autre chose, c'est l'IDEE directrice (...) qui se développe et se manifeste par l'organisation. Ici, comme partout, TOUT DERIVE DE l'IDEE qui elle seule créé et dirige... C'est toujours cette même idée vitale qui conserve l'être." (Claude Bernard, in "Introduction à l'étude de la médecine expérimentale").

 

11. "Les gènes n'ont pas surgi tout faits un beau matin, il a fallu quelques milliards d'années. Pourquoi une telle durée si Dieu est derrière tout ça?" Parce que cela convient aux créatures. La durée est la dimension propre aux natures créées. Cf. Dieu, la Création et le temps.

 

J'ajoute que si le hasard peut rendre compte d'un ordre accidentellement obtenu (et encore, vos milliards d'années - qui représentent peu de choses à l'échelle supposée de l'éternité - font du surgissement du cerveau humain - par exemple - un véritable miracle), il ne peut suffire à expliquer l'existence de messages intelligibles se recopiant eux-mêmes et transmettant leur information. "On obtient en laboratoire la synthèse spontanée des éléments, les lettres de l'alphabet ou les mots. Mais le problème de fond reste entier : comment, avec ces éléments, la nature réalise-t-elle des télégrammes qui ont un sens, des messages qui contiennent de l'information, et quelle information! Tous les renseignements requis pour composer un être vivant, avec ses milliards de cellules différenciées qui travaillent de concert, un psychisme programmé..."(Tresmontant)

 

12. "je vous suggère d'explorer les annales médicales pour découvrir les innombrables anomalies génétiques dont peut souffrir un être humain (...). Là non plus, ce n'est pas vraiment ce qu'on attendrait d'un Dieu à la fois intelligent et aimant. En revanche, c'est exactement ce qu'on peut espérer d'une nature aveugle." Cher Loïc, on ne peut rien "espérer" d'une nature aveugle. Aucune organisation, aucune intelligence, aucun message. Comme disait Einstein, on ne peut attendre d'une nature aveugle que du chaos. Cf. La structure intelligente de l'univers. Autrement dit : si le mal est un problème pour le croyant - dont il lui faut rendre compte du point de vue de sa foi -, le bien (l'ordre, l'organisation, la vie, la pensée...) est un problème pour le matérialiste non croyant - que le hasard seul ne peut suffire à expliquer.

 

Si le problème du mal est le grand problème qui traverse l'humanité, Dieu nous en a donné quelque lumière dans sa Révélation. Cf. Dieu et le mystère du mal.

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Published by Matthieu BOUCART - dans Disputatio
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