Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 08:29

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART
commenter cet article
19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 18:57

 
Grande nouvelle! A l'occasion du 20ème anniversaire de la disparition de Claude Tresmontant, des "Journées" sont organisées cette année pour contribuer à remettre en lumière ses travaux.
 
Notez les dates ! Samedi 13 et dimanche 14 mai, à l’École Normale Supérieure à Paris, et un week-end à définir à l'automne. Des philosophes, scientifiques, exégètes et théologiens viendront présenter et mettre en perspective son immense apport dans tant de domaines.
 
Le thème choisi est : "La vérité ne fait pas violence - Claude Tresmontant : Pour un réalisme intégral".
 
Toutes les informations sont et seront données sur la page FaceBook "Journées Claude Tresmontant" (@journeesclaudetresmontant). Vous pouvez nous écrire également à l'adresse journeesclaudetresmontant@gmail.com.
 
Par ailleurs nous recherchons des témoignages et toutes les bonnes volontés, notamment sur des questions de communication, d'organisation, de vidéo, de contacts médias... Contactez-nous !
 
Et parlez-en autour de vous ! A bientôt !
Repost 0
Published by Bérengère GAULLIER - dans Généralités
commenter cet article
3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 22:42
introduction-a-la-metaphysique-de-maurice-blondel-de-claudeAprès avoir présenté la correspondance entre le père Laberthonnière et son ami Maurice Blondel, Tresmontant nous invite à découvrir en 336 pages la "cathédrale", laquelle n'a rien d'un édifice spéculatif, de celui qu'il sera convenu de reconnaître comme le métaphysicien le plus décisif de toute l"histoire de la philosophie : Maurice Blondel.
 
Tresmontant corrige les malentendus qui ont pu être entretenus au sujet de la pensée de Blondel, exigeante mais stimulante et, selon nous, assomptive et apocalyptique, pour qui la philosophie est "normalement orante".
 
(avec l'aimable collaboration d'Ambroise George pour son travail de mise en page)
Repost 0
Published by Jérémy MARIE - dans Bibliographie
commenter cet article
3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 00:00

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Vidéo
commenter cet article
31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 00:00

Retour sur l'intense disputatio avec Loïc, en commentaire de l'article "Ceux qui disent que le problème ne se pose pas". Compte tenu de la richesse de cet échange, et parce qu'il nous permet d'entrer dans le fond de la pensée de Claude Tresmontant, nous le reproduisons ici en une série d'articles qui nous permettra d'isoler les thématiques et de les approfondir au besoin.

 

Commentaire n°6 :

 

Suite à nos précédents échanges, Jean Alardin et Jérémy Marie interviennent dans le débat. Dans une réponse à ce dernier, Loïc écrit deux choses qui me font réagir.

 

"Sur le caractère résolument scientifique de vos conclusions métaphysiques, il faudra m’expliquer, sachant qu’il s’agit de deux registres distincts. Une conclusion métaphysique ne peut pas être scientifique par définition et inversement, une conclusion scientifique ne saurait relever de la métaphysique. Ce que vous faites, à l’examen, c’est partir de faits scientifiques et les tordre, afin de les faire correspondre à votre conception métaphysique. Malheureusement pour vous, outre le fossé infranchissable qui sépare le scientifique du métaphysique, les faits sont têtus, comme dirait l’autre.

 

"Sur la citation de Polkinghorne, je m’amuse que ce monsieur juge « surprenante » la possibilité du vide quantique comme origine éternelle, mais qu’il estime en revanche tout à fait normal et satisfaisant pour la compréhension de recourir à Dieu. Pour ma part, en tant qu’athée, ce n’est pas que ‘Dieu’ ne me plaît pas comme réponse (au contraire, je dirais, mon narcissisme préférerait que Dieu existe), mais tout simplement que je ne vois pas ‘Dieu’ comme une réponse – plutôt comme une question supplémentaire : une fois qu’on a dit « Dieu », non seulement on n’a pas gagné en connaissance sur le monde, mais qui plus est on a troqué un inexpliqué contre un inexplicable, ou encore un problème contre un mystère.  

 

Réponse :

 

Si vous me permettez, cher Loïc, de m'insérer dans votre dialogue avec Jérémy, je souhaiterais réagir à deux de vos affirmations dans ce dernier commentaire.

 

"Une conclusion métaphysique ne peut pas être scientifique par définition..." Je pense qu'il y a là une confusion sur le sens du mot "scientifique" - que vous n'entendez pas tous deux de la même manière. Quand vous parlez de "science", Loïc, vous entendez : les sciences positives. Quand Jérémy parle de science, il en parle au sens philosophique du terme - qui englobe les sciences positives mais plus largement aussi : la philosophie, et pour un penseur chrétien, la théologie. La notion philosophique de science comprend toutes les certitudes intellectuelles auxquelles l'homme peut parvenir, que ce soit au moyen des facultés naturelles de sa raison ou au moyen de la Révélation divine. La Science est la connaissance certaine et définitive que nous avons du réel (même si, bien entendu, cette connaissance, quelque définitive soit-elle, reste ouverte à des perfectionnements futurs à mesure de nos découvertes : la Vérité est d'une richesse inépuisable). En ce sens, la métaphysique est une science - science de l'être -, comme les sciences positives sont une science - science de la matière - et comme la théologie elle-même est une science - science de la révélation.

 

"... et inversement, une conclusion scientifique ne saurait relever de la métaphysique." Trois choses : si l'on remonte à la source de la science, on verra qu'elle est une branche de la philosophie réaliste d'Aristote appliquée à la seule matière. La science n'est pas neutre sur le plan métaphysique - elle présuppose admis un certain nombre de notions fondamentales et de principes fondamentaux qu'il ne lui appartient pas d'expliquer et de justifier (car ce n'est pas son domaine propre), mais dont il convient néanmoins de rendre compte sur le plan de l'intelligence : ce qui sera précisément le rôle de la métaphysique.

 

2e chose : La science s'est structurée et développée en une discipline autonome par rapport aux autres branches de la philosophie (dont la métaphysique) autour d'une méthodologie appliquée à un objet particulier (l'univers, considéré en tant qu'il est matériel) qui lui donne d'obtenir des résultats qui font l'admiration du monde entier. Il importe, si l'on veut être fidèle à cette discipline, d'avoir bien conscience à la fois de ses potentialités et de ses limites ; de connaître quand l'on outrepasse ses limites et quand l'on entre dans un autre domaine de la pensée rationnelle. Mais il importe aussi de ne pas mépriser les branches "soeurs" de la philosophie réaliste d'Aristote, en particulier cet autre domaine qui utilise la même méthodologie que les sciences positives (inductive et expérimentale) appliquée à l'univers considéré non plus cette fois seulement en tant qu'il est matériel, mais en tant qu'il est - dans son être même. Car si la méthode expérimentale a donné des résultats abondants dans le domaine des sciences positives, on ne vois pas a priori pourquoi elle n'en donnerait aucun dans le domaine métaphysique.

 

Troisième chose enfin : les conclusions scientifiques sont l'aliment naturel de la métaphysique. Il ne s'agit pas de "tordre" les faits, mais de les "presser" pour en faire sortir tout le jus métaphysique qu'ils contiennent en eux-mêmes. Il convient d'examiner ce que tel fait présuppose ontologiquement pour être ce qu'il est comme il est. Rien de plus, rien de moins.


"une fois qu'on a dit "Dieu", non seulement on n'a pas gagné en connaissance sur le monde..." On n'a pas gagné en connaissance sur le monde, dites-vous? Notre échange, me semble-t-il, démontre le contraire, puisque vous n'êtes pas capable de faire la différence entre une pierre et un homme!  Comme l'écrit le pape François dans sa première encyclique - sur la Lumière de la Foi"Le regard de la foi chrétienne a apporté de nombreux bienfaits à la cité des hommes pour leur vie en commun! Grâce à la foi, nous avons compris la dignité unique de chaque personne, qui n'était pas si évidente dans le monde antique (...). Au fil de l'histoire du salut, l'homme découvre que Dieu veut faire participer tous, en tant que frères, à l'unique bénédiction qui atteint sa plénitude en Jésus, à travers la présence du frère. La foi nous enseigne à voir que dans chaque homme il y a une bénédiction pour moi, que la lumière du visage de Dieu m'illumine à travers le visage du frère."

 

"...mais qui plus est on a troqué un inexpliqué contre un inexplicable, ou encore un problème contre un mystère." Dieu inexplicable? Mais ce n'est pas parce que Loïc ne veut pas comprendre que Dieu est inexplicable pour tous!  Peut-être est-ce le mot Dieu qui vous gène?... Alors prenons le mot Être. Vous admettez qu'il n'y a pas lieu de s'étonner que l'Être soit - ce qui est FAUX du point de vue de l'être de l'univers (dont Georges Lemaître aimait à souligner "l'étrangeté") mais VRAI du point de vue de l'être nécessaire, puisqu'il est admis par tous les courants de la philosophie que le Néant absolu ne peut être premier (si tel était le cas, il n'y aurait aucun être existant, puisque du néant rien ne peut naître spontanément). Dieu n'est pas inexplicable en tant qu'Être nécessaire incréé - puisqu'il en faut un et que l'univers ne peut être celui-ci.

 

Dieu n'est pas absolument inexplicable non plus en son essence, puisque l'intelligence humaine s'en fait quelque idée : Dieu, en tant qu'être nécessaire, est incréé, transcendant, infini, éternel, créateur, tout-puissant, intelligent, personnel, vivant et opérant. On peut donc dire pas mal de choses de lui.

 

Enfin, Dieu n'est pas absolument inexplicable dans la mesure où, en tant qu'être personnel vivant et intelligent, il vient lui-même nous révéler son mystère : de manière partielle et progressive tout d'abord à Israël par les patriarches et les prophètes, puis de manière complète et définitive en Jésus-Christ, Fils de Dieu fait homme, mort et ressuscité pour notre salut - dont l'Eglise est le prolongement corporel dans l'histoire des hommes.

 

Dieu reste malgré tout infiniment mystérieux pour nous les hommes, je vous le concède. Cela tient à sa nature même - infinie - qui dépasse tout ce que notre nature - finie - peut saisir et comprendre. Mais qu'y a-t-il d'étonnant à ce que le Créateur de l'univers soit infiniment plus mystérieux que la réalité naturelle qu'il créé? Comme l'écrit le chimiste Robert Shapiro - non suspect de connivence avec le christianisme - avec son solide bon sens : "Si une montre est complexe, alors son créateur ne peut être que plus compliqué encore. Un être capable de bâtir un horloger serait certainement le plus compliqué du lot." (in L'origine de la Vie, Champs Flammarion 1994, p. 155) Dieu est donc à la fois la plus simple des explications ("trop simple" nous disent même certains  athées) et la plus complexe des réalités (ou la plus riche - je préfère cette expression).

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Disputatio
commenter cet article
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 00:00

Une-vie-apres-l-accouchement.jpg

 

Toute ressemblance avec d'autres discussions serait purement fortuite! 

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Pensées
commenter cet article
15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 16:06

Retour sur l'intense disputatio avec Loïc, en commentaire de l'article "Ceux qui disent que le problème ne se pose pas". Compte tenu de la richesse de cet échange, et parce qu'il nous permet d'entrer dans le fond de la pensée de Claude Tresmontant, nous le reproduisons ici en une série d'articles qui nous permettra d'isoler les thématiques et de les approfondir au besoin.

 

Commentaire n°5 (3e partie) :

 

"10. [...] Ce n'est en effet ni une vérité évidente (... qu'il n'y ait pas de différence de nature entre une pierre et Einstein), ni une vérité démontrée (au contraire : on n'a jamais pu reconstituer en laboratoire le phénomène de la vie à partir de la matière inerte - ce qui montre que la vie reste un mystère qui nous échappe). En vérité, avec la matière vivante, nous voyons surgir une nouveauté dans l'être : une réalité immatérielle, l'âme (ou psychisme). Tous les êtres vivants ont en effet en commun de renouveler constamment et intégralement le stock de matière constituant leur corps physique - et cependant, il est un élément permanent qui transcende cette matière en renouvellement perpétuel : l'âme (ou psychisme), c'est-à-dire le principe organisateur de la matière. Il n'est donc pas légitime de chercher à réduire la réalité vivante à sa seule composition physique et chimique."

 >> 1) Navré de vous contredire, mais il n’y a aucune différence entre une pierre et Einstein : dans les deux cas, des atomes et du vide, rien de plus. Et c’est une vérité aussi évidente que démontrée pour quiconque a quelques notions scientifiques. 2) Sur la reconstitution de la vie à partir de matière inerte, vous avez l’expérience princeps de Miller (1953) et ses nombreuses déclinaisons qui montrent précisément que des composés organiques émergent spontanément dans un milieu formé d’eau et de gaz. Par ailleurs, ne commettez pas ce non sequitur si fréquent chez les croyants : ce n’est parce que la science ne parvient pas à expliquer quelque chose que cela valide automatiquement les théories alternatives, qu’elles soient paranormales ou théologiques. 3) Je ne vois pas ce que vous entendez par « élément permanent » qui organiserait la matière chez les êtres vivants. Rien n’organise la matière chez les êtres vivants, la matière s’organise toute seule et se renouvelle constamment, comme vous le dites fort justement. Vous n’iriez pas prendre nos processus mnésiques, si fragiles et hasardeux, mais nous conférant un sérieux avantage évolutif, pour ce que vous appelez « l’âme », n’est-ce pas ?

 

"11. [...] La durée est la dimension propre aux natures créées. J'ajoute que si le hasard peut rendre compte d'un ordre accidentellement obtenu (et encore, vos milliards d'années - qui représentent peu de choses à l'échelle supposée de l'éternité - font du surgissement du cerveau humain - par exemple - un véritable miracle), il ne peut suffire à expliquer l'existence de messages intelligibles se recopiant eux-mêmes et transmettant leur information. "On obtient en laboratoire la synthèse spontanée des éléments, les lettres de l'alphabet ou les mots. Mais le problème de fond reste entier : comment, avec ces éléments, la nature réalise-t-elle des télégrammes qui ont un sens, des messages qui contiennent de l'information, et quelle information! Tous les renseignements requis pour composer un être vivant, avec ses milliards de cellules différenciées qui travaillent de concert, un psychisme programmé..." (Tresmontant)

 >> Tresmontant n’était peut-être pas très versé en biologie moléculaire, car la réponse à sa question se trouve dans les travaux de cette discipline. Et puis, il oublie le facteur temps : Miller ne disposait pas de millions d'années pour transformer sa  « soupe primitive » en êtres vivants complexes, l'évolution, si. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que pour la science, le hasard seul ne préside pas à l’émergence de la vie, il y a aussi la nécessité, comme dirait Monod, c’est-à-dire le cadre déterministe dans lequel s’exerce ce hasard, en l’occurrence, nous concernant, le milieu terrestre. Quant à la durée, j’ai lu votre article et je constate que vous amalgamez indûment création et évolution : s’il y a du temps, c’est qu’il y a évolution des éléments existants, comme pour la « soupe primitive ». Et si la complexité ne surgit qu’après des milliards d’années et pas avant, c’est tout simplement et fort logiquement parce que l’évolution n’est aidée par personne et procède à l’aveugle.  

 

"12. [...] Cher Loïc, on ne peut rien "espérer" d'une nature aveugle. Aucune organisation, aucune intelligence, aucun message. Comme disait Einstein, on ne peut attendre d'une nature aveugle que du chaos. Autrement dit : si le mal est un problème pour le croyant - dont il lui faut rendre compte du point de vue de sa foi -, le bien (l'ordre, l'organisation, la vie, la pensée...) est un problème pour le matérialiste non croyant - que le hasard seul ne peut suffire à expliquer. Le problème du mal est le grand problème qui traverse l'humanité. Dieu nous en a donné quelque lumière dans sa Révélation."

>> Encore une fois, vous semblez croire que la « nature aveugle » ne peut rien produire. Toute notre science montre le contraire ! Que du chaos (au sens scientifique : dynamique non linéaire) surgit l’ordre, pis, que l’ordre consiste en un chaos sous-jacent (exemple des flocons de neige) et je trouve ça personnellement beaucoup plus beau et impressionnant que l’idée d’un grand architecte qui aurait mis des milliards d’années pour créer la vie sur une minuscule planète perdue dans une des innombrables galaxies de l’univers et faire de minables primates le « sommet de la création » ! Quant au bien et au mal, ils ne sont nullement un problème pour l’incroyant matérialiste que je suis, mais correspondent « bêtement » à des comportements favorisés par l’évolution et que chaque époque valorise ou dévalorise en fonction de ses préjugés et/ou de ses intérêts. En fait, pour moi, il n’y ni bien ni mal, mais uniquement des circonstances, positives pour les uns, négatives pour les autres, dans un grand jeu sans fin. Il n’y a ni bien ni mal dans le lion tuant la gazelle, pas plus que dans l’homme tuant son semblable, juste cette « nature aveugle »… que vous ne sauriez voir.

 

 

Réponse :

 

"il n'y a aucune différence entre une pierre et Einstein : dans les deux cas, des atomes et du vide, rien de plus." Voilà. Nous sommes au coeur de notre divergence. Tout est dans le "rien de plus". Qu'une pierre et Einstein soient tous deux constitués d'atomes et de vide, cela est incontestable ; c'est un point de vue scientifique limité à la considération des particules élémentaires constituant chaque être en ce monde. Mais outre que ce n'est pas la totalité du point de vue scientifique - votre propos ferait bondir plus d'un savant - le point de vue scientifique n'est pas le seul valable. Affirmez le contraire, et vous sortez de la science. Votre "rien de plus" révèle votre présupposé philosophique en faveur du matérialisme - votre "Credo" comme vous l'a dit Jean Alardin. Mais c'est ce Credo qu'il convient de soumettre à la critique. Il ne suffit pas d'affirmer dogmatiquement : "Il n'y a que la matière". Il faut encore le démontrer - non pas scientifiquement, car la science ne s'intéresse pas à cette question, mais métaphysiquement, rationnellement. Cela dit, la proposition "il n'y a aucune différence entre une pierre et Einstein" est tellement absurde qu'elle se réfute d'elle-même.

 

"Sur la reconstitution de la vie à partir de matière inerte, vous avez l'expérience (...) de Miller (1953) et ses nombreuses déclinaisons qui montrent précisément que des composés organiques émergent spontanément dans un milieu formé d'eau et de gaz." Cher Loïc, j'ignore votre niveau de culture scientifique, mais l'expérience de Miller n'a nullement démontré que la vie puisse jaillir de la matière inerte! "Il faudrait une grande imagination (...) pour établir un lien entre (...) la présence d'acide formique dans l'expérience de Miller-Urey et l'origine de la vie (...). L'expérience a (...) surtout produit du goudron : c'était la substance la mieux représentée. Parmi les plus petites molécules qui furent produites, seules treize peuvent être considérées comme présentant un intérêt. Il existe environ cinquante petits composés organiques qu'on appelle des blocs de construction, dans la mesure où ils sont utilisés pour construire les quatres grosses molécules importantes pour la vie. On ne trouvait que deux de ces cinquantes composés parmi les plus importants mis au jour par Miller-Urey. Il s'agissait de la glycine et de l'ataline, les deux acides aminés les plus simples présents dans les protéines, des éléments dont la conception même de l'appareillage faisait les favoris. Ces résultats ont fait l'objet d'une publication admirable de Miller, et il est exclu de les remettre en question. C'est l'interprétation de ces résultats qui doit attirer notre attention (...). Le produit de cette réaction ne présente aucune ressemblance avec le contenu réel d'une bactérie, dont la construction utilise de grosses molécules. Même dans le cas où ces grosses molécules seraient disloquées en leurs parties constituantes, le mélange qui en résulterait n'aurait que peu de points communs dans sa composition avec ce qui a résulté de l'expérience de Miller-Urey." (Robert Shapiro, in "L'origine de la vie", Champs Flammarion 1994, pp. 136-137). Si vous partez de prémisses erronées, il n'est pas étonnant que votre raisonnement conduise à des conclusions absurdes. Mais l'absurdité de vos conclusions devrait vous alerter.

 

"Rien n'organise la matière chez les êtres vivants, la matière s'organise toute seule et se renouvelle constamment." Oui. C'est du même niveau que de dire : "Rien ne meut les marionnettes ni ne les fait parler. Elles se meuvent et parlent d'elles-même. Il n'existe aucune réalité cachée qui explique qu'elles se meuvent et parlent d'elles-mêmes." Très convaincant. J'ajoute que s'il n'était question que d'organisation, on pourrait peut-être, à l'extrême limite, admettre le jeu du seul hasard. Mais il s'agit de bien plus que cela : il est question de création de matière - qui ne préexistait pas, et que l'état antérieur de la matière ne suffit pas à expliquer. Le fameux tableau de Mendeleiev a ceci d'étonnant qu'il est un tableau... périodique. L'histoire de l'univers est une histoire où l'on voit apparaître dans l'avenir PLUS qu'il n'y avait dans le passé, et où la réalité matérielle antérieure ne suffit pas à rendre compte par elle-même et à elle seule de tous les êtres commençant d'exister au fil du temps. Ainsi, qu'une pierre puisse donner Einstein par elle-même et à elle seule, voilà qui est incompréhensible et impensable pour la raison humaine.

 

"Miller ne disposait pas de millions d'années pour transformer sa 'soupe primitive' en êtres vivants complexes, l'évolution, si." Mais des milliards de milliards d'années ne nous suffiraient pas pour obtenir l'Iliade à partir du seul mélange hasardeux des caractères d'imprimerie. Il faut encore Homère. Alors, des cellules vivantes...

 

"Par ailleurs, il ne faut pas oublier que pour la science, le hasard seul ne préside pas à l'émergence de la vie, il y a aussi la nécessité, comme dirait Monod". La nécessité, donc : des lois gouvernant la matière. Fort bien : de l'existence de ces lois, il faut aussi rendre compte. La constatation du fait ne suffit pas. Quand on a tout expliqué par les lois de la nature, on n'a pas expliqué ces lois-mêmes, et donc : on n'a pas expliqué grand chose...

 

"La complexité ne surgit qu'après des milliards d'années et pas avant, c'est tout simplement et fort logiquement parce que l'évolution n'est aidée par personne et procède à l'aveugle." Si l'univers était incréé, et si l'évolution n'était dirigée par personne, il serait simple et fort logique que la complexité soit telle qu'elle est aujourd'hui depuis une éternité. Mais le problème ne réside pas tant dans la "complexité" que dans la "nouveauté". Que 1+1=2, quoi de plus normal? Que 1+1=>3, voilà ce que nous constatons et qui pose singulièrement question. Or, ne vous en déplaise cher Loïc, Einstein n'est pas seulement un être plus complexe qu'une pierre. Il est un être radicalement autre, nouveau - par rapport à la pierre -, doté de caractéristiques dont la pierre est dépourvue - qu'aucun des constituants atomiques ni le vide composant la matière ne possèdent en eux-même, à savoir : la vie, la conscience, la sensibilité et l'intelligence, la liberté et la capacité d'aimer. Cela, un auteur comme Diderot l'avait bien vu.

 

"vous semblez croire que la 'nature aveugle' ne peut rien produire. Toute notre science montre le contraire!" Cf. mon exemple du spectacle de marionnettes. J'OBSERVE que des poupées en cire se meuvent et parlent toutes seules ; J'EN CONCLUS que les poupées en cire se meuvent et parlent toutes seules. Il est vraiment... fascinant que vous vous satisfaisiez de ce type de raisonnement.

 

"Que du chaos (...) surgit l'ordre (...) je trouve ça personnellement beaucoup plus beau et impressionnant que l'idée d'un grand architecte". Oui, mais la question n'est pas de savoir si c'est "beau" ou "impressionnant" - la question est de savoir si c'est "vrai".

 

"En fait, pour moi, (...) il n'y a ni bien ni mal dans le lion tuant la gazelle, pas plus que dans l'homme tuant son semblable"... Ben oui, c'est vrai quoi. Tuer un homme, c'est comme casser un caillou : cela revient à disperser des atomes et du vide dans la nature. "Rien de plus". Voyez-vous Loïc : ici encore, l'absurdité du propos me paraît sa meilleure réfutation. 

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Disputatio
commenter cet article
10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 00:00
Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Vidéo
commenter cet article
8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 19:23

Noël approche, et peut-être pensez-vous déjà aux cadeaux que vous allez faire à ceux que vous aimez. Eh bien n'hésitez plus! Un très beau libre vient de paraître : "L’homme peut connaître Dieu". Il donne les bases de philosophie, de théologie, d’histoire etc. pour répondre aux objections des incroyants et pour étayer la foi des catholiques. Un ouvrage à découvrir et faire connaître! Son originalité est qu’il est simple d’accès et qu’il ne s’arrête pas à l’apologétique philosophique classique, il aborde des éléments de théologie, d’histoire et réfute les objections-slogans qu’on entend partout.

 

Le public visé? Le plus large! L'opus est à la portée de tous, à partir du lycée ; on y trouvera de nombreux exemples, un vocabulaire simple, des chapitres courts faciles à comprendre. L’ouvrage ne reste pas dans la réflexion abstraite et théorique (par exemple, évocation d’apparitions mariales, de saint Padre Pio, etc.)

 

L’auteur? Jean Dollié, professeur de lettres, agrégé de l’Université, ancien élève de Jean Daujat au Centre d’Études Religieuses (une référence!).

 

Plus d’info? Vous trouverez la table des matières, des articles, des vidéos intéressantes sur le site : editionssaintmaximilienkolbe.blogspot.frLe livre se commande uniquement sur ce blog ou par correspondance chez l’éditeur.

 

Et pour vous donner l'eau à la bouche , voici la quatrième de couverture : 

 

"Il est possible que Dieu existe, mais je ne peux pas en être sûr. De plus, les religions ont fait beaucoup de mal." Si vous pensez cela, ce livre vous surprendra.

 

"Je crois en Dieu parce que je suis né dans une famille catholique et que mes parents m’ont amené à la messe." Et si vos parents avaient été musulmans, seriez-vous musulman ? Pouvez-vous prouver que vous êtes dans la bonne religion ?

 

"Moi, je pense que la religion est dépassée et qu’on peut expliquer le monde un peu plus scientifiquement au XXIe siècle. D’ailleurs, Kant, Freud, Sartre n’ont-ils pas montré définitivement que Dieu n’existe pas ?" Si vous croyez cela, ce livre est pour vous. 

 

"Je prie de temps en temps, mais j’ai pas mal de doutes, car Dieu, on ne le voit jamais, et puis, s’il est si bon, pourquoi tant de souffrances ?" "Je suis chrétien convaincu, mais je me pose des questions. L’enfer et le diable existent-ils vraiment ? Les miracles ne sont-ils pas de l’autosuggestion ? Pourquoi fallait-il que Jésus meure sur la croix ?" Si vous vous posez ces questions, ce livre vous répondra.

 

Des questions, vous vous en posez beaucoup. En 31 courts chapitres, vous trouverez des réponses simples, claires, dans un langage à la portée de tous. Le propos, illustré par de nombreux exemples pris dans la vie courante, n’est jamais ennuyeux. L’auteur réussit le tour de force de donner les bases indispensables en philosophie et en théologie. Un ouvrage de référence, pour tous, adolescents, étudiants, adultes, parents et grands-parents. Un excellent point de départ pour une étude en petits groupes.

 

Issu d’un milieu athée ou bien, au contraire, imprégné de christianisme, vous souhaitez obtenir des motifs crédibles et rationnels de croire en Dieu. Vos questions seront nos chapitres : Est-il raisonnable de croire en Dieu alors qu’on ne l’a jamais vu ? La science ne montre-t-elle pas la fausseté de toutes les religions ? L’évolution de l’homme ne prouve-t-elle pas que l’homme n’est pas créé par Dieu ? N’a-t-on pas raison de dire que l’Église s’est méfiée de la science ? Être adulte, n’est-ce pas penser par soi-même ? L’homme a-t-il une âme ? Puisque nos sens peuvent nous tromper, comment peut-on affirmer qu’il y a une vérité ? Le mieux n’est-il pas de faire ce qui nous plaît ? L’Église n’impose-t-elle pas sa vérité ? Comment être encore croyant après Kant, Rousseau, Marx, Freud ou Sartre ? Le diable, les anges, le purgatoire, les miracles existent-ils vraiment ? Qui peut savoir ce qu’il y a après la mort ? Etc.

 

Le présent ouvrage n’est pas un catéchisme : le but n’est pas d’asséner des vérités toutes faites en s’appuyant sur des textes sacrés qui font autorité. Non, la réflexion s’inscrit dans une démarche rationnelle propre à intéresser croyants ou incroyants et le livre propose un cheminement logique.

 

L’auteur : Jean Dollié, ancien élève du Centre d’Études Religieuses, est agrégé de l’Université. Depuis 20 ans, il enseigne les lettres dans le secondaire et l’enseignement supérieur.

 

Dans l'attente de vos commentaires quand vous l'aurez lu! 

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Bibliographie
commenter cet article
24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 12:30

Retour sur l'intense disputatio avec Loïc, en commentaire de l'article "Ceux qui disent que le problème ne se pose pas". Compte tenu de la richesse de cet échange, et parce qu'il nous permet d'entrer dans le fond de la pensée de Claude Tresmontant, nous le reproduisons ici en une série d'articles qui nous permettra d'isoler les thématiques et de les approfondir au besoin.

 

Commentaire n°5 (2e partie) :

 

"5. [...] Nous avons donc bien été tirés du néant (ex-nihilo), mais pas PAR le néant (per-nihilo) : par quelqu'un de bien réel, un Être existant, à qui nous devons la vie. [...]"

 >> Sauf que nous n’avons aucune preuve de ce "quelqu’un de bien réel", autre que votre intime conviction et que rien, dans la science positive, ne suggère son existence. Au contraire, à chaque fois que la science progresse, Dieu recule, au point que les croyants tentent soit de déformer les découvertes scientifiques pour y plaquer leurs préjugés théologiques, soit d’exploiter les apories scientifiques (derniers bastions de notre temps : l’origine de l’univers et la conscience humaine) pour les combler avec Dieu – n’expliquant rien et inexpliqué lui-même.

 

"6. [...] Le lien entre ces deux temps sera établi lorsque l'on se sera assuré de l'authenticité de la Révélation divine faite à Israël et accomplie dans le Christ - ce qui relève encore, en droit, de la raison. La démonstration philosophique de l'authenticité de la Révélation a été admirablement apportée par Claude Tresmontant dans son maître-ouvrage que je vous ai recommandé : "Le problème de la Révélation". 

 >> Vous voyez, mon problème, c’est ça : Tresmontant vous a convaincu, vous, mais il n’a pas convaincu d’autres chrétiens, sans parler des musulmans, des juifs, des bouddhistes, etc., qui ont tous la même certitude que vous à propos de leurs religions respectives, qui disposent eux aussi de leurs auteurs de référence… La différence avec la science apparaît ici flagrante : que vous soyez chrétien, musulman, juif, bouddhiste, etc., l’eau bout toujours à 100°C (dans des conditions de pression habituelles) et chacun peut le vérifier expérimentalement.

 

"7. [...] On ne peut donc réduire le message de ce livre en disant : "Tresmontant prouve l'authenticité de la Révélation divine par le Christ"!

 >> Ce n’est pas ce que j’ai dit. J’ai simplement dit que dans cet ouvrage, Tresmontant faisait du Christ une preuve "objective" de l’authenticité de la révélation biblique, ce qui me paraît rigoureusement exact. Maintenant, oui Tresmontant traite d’Israël et du prophétisme, en tentant maladroitement d’asseoir la réalité de l’inspiration divine dans la contradiction entre l’esprit prophétique et les circonstances de son temps : je le répète, pas convaincant pour un sou. A ce compte-là, j’en connais un paquet, d’inspirés par Dieu !

 

"8. [...] Il me semble qu'il y a entre les deux propositions un fossé que franchit allègrement Hawking, pour qui rien ne semble exister en dehors de la science - ce qui est un présupposé... métaphysique.

 >> Ne déformez pas les propos de Hawking : il ne dit pas que l’univers n’a pas de cause, mais que la théorie d’un univers sans cause est scientifiquement pensable. Par ailleurs, le fossé que vous percevez n’existe pas, sauf à considérer que les énoncés métaphysiques peuvent non seulement contredire mais qui plus est surpasser, en termes de vérité, les énoncés scientifiques. Or c’est un non-sens, parce qu’il s’agit de deux registres différents. Enfin, je ne crois pas, pour avoir lu plusieurs de ses ouvrages, que Hawking pense que rien n’existe en dehors de la science, en revanche, il est clair qu’il tient la science pour la seule méthode capable de répondre aux questions d’ordre empirique de manière convaincante. La question de l’origine de l’univers étant une de ces questions, aussi épineuse soit-elle.

 

"9. Pourquoi le Dieu chrétien et pas celui des musulmans ou des gnostiques? Réponse : http://www.totus-tuus.fr/article-17769467.html.

 >> Et les gnostiques ?! Je vous charrie, mais la force de mon objection repose sur le constat de la diversité des religions et leur caractère local (dans le temps et l’espace). Après tout, le christianisme n’a que 2000 ans et concerne aujourd'hui 2 milliards d'individus, tandis que l’humanité a plus de 100 000 ans et compte aujourd'hui plus de 7 milliards d'individus…

 

 

Réponse :

 

"Sauf que nous n'avons aucune preuve de ce "quelqu'un de bien réel", autre que votre intime conviction et que rien, dans la science positive, ne suggère son existence." Rien non plus dans l'histoire de la peinture ne suggère l'existence de Mozart. Pour voir Dieu, il faut mettre les bonnes lunettes! 

 

"Au contraire, à chaque fois que la science progresse, Dieu recule." C'est ce qu'on entendait au 19e siècle à l'époque du scientisme triomphant. Mais l'histoire a montré le contraire.

 

"Tresmontant vous a convaincu, vous, mais il n'a pas convaincu d'autres chrétiens, sans parler des musulmans, des juifs, des bouddhistes, etc." Quand Claude Tresmontant établit l'authenticité de la Révélation à Israël, il convainc les chrétiens, les musulmans et les juifs - puisque chrétiens, musulmans et juifs croient ensemble que l'unique vrai Dieu s'est manifesté à Israël. Il reste donc dans votre liste les "bouddhistes" et les "etc." Mais parmi ces derniers, qui connaît vraiment la pensée de Claude Tresmontant? (et parmi ceux qui la connaissent, qui l'a réfuté avec succès?) Le grand problème que nous rencontrons depuis des siècles est celui de la méconnaissance de la pensée chrétienne orthodoxe - et de ses grands auteurs. Méconnaissance que l'auteur de ce blog voudrait bien contribuer à faire reculer, avec les humbles moyens qui sont les siens.

 

"La différence avec la science apparaît ici flagrante : que vous soyez chrétien, musulman, juif, bouddhiste, etc... l'eau bout toujours à 100°C (...) et chacun peut le vérifier expérimentalement." Cela ne prouve pas qu'il n'est de connaissance certaine que scientifique (comment ferez-vous la différence au microscope entre les larmes d'une veuve et celles d'une ménagère en train de peler ses oignons?). Ni que les vérités métaphysiques ou religieuses ne soient pas vérifiables expérimentalement - de cette expérience commune que tout un chacun peut faire dans sa vie personnelle et objectiver dans sa rencontre avec les autres.

 

"Tresmontant traite d'Israël et du prophétisme, en tentant maladroitement d'asseoir la réalité de l'inspiration divine dans la contradiction entre l'esprit prophétique et les circonstances de son temps : je le répète, pas convaincant pour un sou. A ce compte-là, j'en connaîs un paquet, d'inspirés par Dieu!" Si c'est tout ce que vous retenez du livre "Le problème de la Révélation", cela en dit long sur votre esprit scientifique... 

 

"le fossé que vous percevez n'existe pas, sauf à considérer que les énoncés métaphysiques peuvent non seulement contredire mais qui plus est surpasser, en termes de vérité, les énoncés scientifiques. Or, c'est un non-sens, parce qu'il s'agit de deux registres différents." Registres différents oui, mais nullement séparés par une cloison étanche! Les énoncés d'une saine métaphysique ne peuvent certes pas CONTREDIRE les vérités scientifiques - nous sommes bien d'accord sur ce point ; mais qu'ils les SURPASSENT "en termes de vérité", voilà qui tient précisément à leur nature méta-physique (littéralement : qui surpasse la physique). La science elle-même repose tout entière sur des prémisses métaphysiques qui en fondent la valeur, jugent la vérité, fixent les limites, éclairent la nature et définissent les méthodes (lire Meyerson à ce sujet). Les vérités métaphysiques sont donc PLUS FONDAMENTALES que les vérités scientifiques - elles sont premières, puisqu'elles fondent et justifient les secondes - et leur certitude est supérieure. Il est illusoire dès lors de vouloir opposer la science et la métaphysique. Car aucune vérité scientifique ne pourra jamais contredire aucune vérité métaphysique - ni l'inverse. En revanche, la raison humaine devra s'efforcer d'accorder les vérités scientifiques et les vérités métaphysiques dans l'unité d'une synthèse - car la vérité ne peut être CONTRADICTOIRE.

 

"Hawking (...) tient la science pour la seule méthode capable de répondre aux questions d'ordre empirique de manière convaincante. La question de l'origine de l'univers étant l'une de ces questions, aussi épineuse soit-elle." Oui, mais elle est aussi et PLUS FONDAMENTALEMENT une question ontologique. Tresmontant tient la métaphysique pour la seule méthode capable de répondre aux questions d'ordre ontologique de manière convaincante. La question de l'univers étant l'une de ces questions, aussi épineuse soit-elle.

 

"La force de mon objection repose sur le constat de la diversité des religions et leur caractère local (dans le temps et l'espace)."

> sur la diversité des religions : en fait, elle n'est pas si grande que cela. Ainsi que Tresmontant l'a entrepris pour les métaphysiques, on pourrait regrouper les religions en quelques grands types seulement. On pourrait considérer : les religions qui voient Dieu incréé comme distinct de l'Univers créé ; celles qui identifient l'Univers avec le Divin incréé ; et puis peut-être une rubrique "divers" pour classer toutes les religions exotiques qui concernent très peu de monde ou qui ont disparu. Il me semble que le chercheur de vérité, en solide rationaliste, pourra écarter aisément cette 3e catégorie en raison de son caractère fantaisiste. Ne resterait alors que les deux premières : celle qui voit Dieu comme une être personnel - et dont la "trame" est de nature historique ; et celle qui voit Dieu comme une "énergie impersonnelle" de laquelle émaneraient tous les êtres de notre expérience - et dont la "trame" est de nature mythique. Cette seconde catégorie de religions me paraît également facile à écarter, car les mythes ne satisfont pas la raison et conduisent à une vision du monde INCOMPATIBLE avec celle que nous dévoilent les sciences et la métaphysique la plus universelle (par ex. le mythe de l'éternel retour, la théogonie...). Or, nous avons vu que la vérité ne peut être contradictoire. Ne reste donc que la première catégorie, qui résiste à toute critique et qui s'harmonise remarquablement avec toutes les découvertes scientifiques (spécialement de ces dernières années) : celle qui engobe les religions issues du monothéisme hébreu, à savoir : le judaïsme, le christianisme et l'islam.

> Sur le caractère local des religions :

>> dans le temps : les religions existent depuis que l'homme existe. Elle est donc un phénomène typiquement humain, qui correspond à un certain degré de l'évolution. Pour qu'un être croit, il faut qu'il possède la faculté de connaissance intellectuelle. Cette faculté apparaît avec l'homme.

>> dans l'espace : cette limite n'atteint pas le christianisme, présent sous toutes les latitudes. Il n'est pas de religion plus universelle que le christianisme. Or, si Vérité il y a, il y a de grandes chances qu'elle soit universelle (et non pas réservée à quelques initiés dans quelque secte réunie en Congrès dans quelque cabine téléphonique) - car elle est la même pour tous les hommes. Elle doit donc s'adapter facilement à toutes les cultures particulières.

 

"Après tout, le christianisme n'a que 2000 ans et concerne aujourd'hui 2 milliards d'individus, tandis que l'humanité a plus de 100.000 ans et compte aujourd'hui plus de 7 milliards d'individus".

> Le Big Bang, lui, a moins d'un siècle. Et après? Qu'est-ce que cela prouve? Que ce n'est pas vrai? La vérité est un chemin qui se découvre en marchant.

 > Ma voisine de pallier ignore l'existence du Boson de Higgs. Et après? Qu'est-ce que cela prouve? Qu'il n'existe pas? Ce n'est pas parce qu'une vérité est méconnue qu'elle n'est pas vérité.

Repost 0
Published by Matthieu BOUCART - dans Disputatio
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog Claude Tresmontant
  • Le blog Claude Tresmontant
  • : Blog consacré à l'un des plus grands métaphysiciens catholiques du XXe siècle, qui démontra le caractère irrationnel de l'athéisme.
  • Contact

Visiteurs actuels

Recherche

Dailymotion

Les vidéos de claude-tresmontant sur Dailymotion

Archives